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La revue des univers de l’immobilier et de l’aménagement intérieur

Le commerce est mort, vive le commerce !

Les périodes de révolution sont toujours difficiles. Elles remettent en question l’ordre établi avec violence. Elles questionnent leur époque avec acuité. Elles se cherchent avant d’accoucher d’une proposition viable. Ce chemin difficile mais nécessaire, le commerce est actuellement en train de le vivre et de l’éprouver pleinement.

Après quelques détours et deux ou trois ratés, l’immobilier commercial a enfin pris la mesure de l’ouragan internet. Le temps du déni est passé. L’ère des solutions homéopathiques a vécu. Voici enfin venu le temps de la prise de conscience et de la réaction adaptée et mesurée.
Cette réaction, elle s’appuie tout d’abord sur le digital qui reste le socle de la nouvelle économie du commerce. Le magasin d’aujourd’hui et de demain est et sera connecté. Le champ des possibles est colossal en la matière. Cette réaction s’appuie également sur le réenchantement du parcours client, une incantation qui joue sur plusieurs leviers : l’animation, la ballade et enfin l’art sous toutes ses coutures et dans toutes ses dimensions.

L’art, c’est la troisième réaction des opérateurs de centres commerciaux. Encore marginale, cette volonté est en passe d’être hissée au rang de stratégie. Car pour perdurer et triompher, l’opus commercial, quelle que soit sa forme, doit faire une croix sur sa vocation de temple de la consommation pour épouser celle de l’expérience.

Sandra Roumi, rédactrice en chef

Ils se ressemblent par leur discrétion, bien que figures emblématiques de leur domaine respectif. Et se rassemblent autour de projets d’envergure, dont le réaménagement du plus ancien centre commercial de l’Hexagone, Cap3000 à Nice… Interview croisée entre Alain Taravella, président fondateur d’Altarea Cogedim, « premier développeur immobilier de France », et Patrick Jouin (agence Jouin Manku), designer exposé à travers le monde.

Par Estelle Santous

intendance

Les tendances de l’aménagement qui révolutionnent les usages

 Les « Spaghettis » en folie

Donnant vie au banc public, les meubles sculptures de Pablo Reinoso se reproduisent en bois ou métal dans bien des espaces intérieurs comme extérieurs. Depuis 2006, sa série des « Spaghettis » prolifère telles des plantes grimpantes du hall de l’hôtel Fourvière à Lyon (2015) au Centre culturel Kirchner de Buenos Aires (2017) sans oublier la dernière Fiac (Foire internationale d’art contemporain) où ses œuvres faisaient face au Grand Palais. En mars dernier, au Tefaf Maastricht, la galerie Flore présentait le « Solo Bench », une ultime déclinaison de cet objet toujours plus arborescent. SoR

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indesign

Les objets, mobiliers et équipements innovants

Alvar Aalto, architecte designer visionnaire

Conciliant principes fonctionnalistes et aspirations humanistes, les travaux de l’architecte designer finlandais Alvar Aalto (1898-1976) – d’une certaine originalité pour son époque – s’avèrent d’une exceptionnelle contemporanéité. Comme le montre l’exposition présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine jusqu’au 1er juillet prochain, conçue par le Vitra Design Museum en partenariat avec la Fondation Alvar Aalto.
À travers près de 150 œuvres (maquettes, dessins, photographies historiques et contemporaines), ses 50 années d’activité sont retracées. Architecture, aménagement intérieur, création de mobilier, luminaires, vases, œuvres d’art, textiles, voire des matériaux de construction… sont autant de champs explorés par l’architecte à l’occasion de commandes privées ou publiques où il conçoit des ensembles complets et unifiés. Signant des réalisations « plurisensorielles » qui intègrent les phénomènes psychologiques et physiologiques de la perception de l’espace. Et dans lesquelles l’univers naturel est un modèle constant. Entre autres références puisées en Italie ou encore auprès de l’avant-garde artistique internationale, dont Jean Arp et Fernand Léger qui le qualifie de « chef d’orchestre » dirigeant tous les arts en un tout harmonieux et symphonique.
Parmi les plus emblématiques : le Sanatorium de Paimio, étape décisive dans ses recherches sur le mobilier, qui doit être à la fois léger, flexible et facile d’entretien. Donnant lieu à des expérimentations sur la technique de pliage du contreplaqué et la mise au point des premiers modèles entièrement en bois lamellé et courbé. À l’image du célèbre siège Paimio, caractérisé par ses qualités tactiles et son assise aux formes déliées, qui le place au rang des designers les plus éminents du XXe siècle. Mais aussi, la villa imaginée pour l’influent collectionneur Louis Carré à Bazoches-sur-Guyonne (78), unique témoignage de l’architecture d’Aalto en France ; et bien sûr, le vase « Savoy », devenu un symbole par excellence du design organique finlandais.
Si ces objets sont d’abord conçus comme des pièces uniques, l’architecte designer et sa femme se lancent dans la production en série dès la fin des années 1920, grâce au principe de standardisation flexible : des éléments standardisés et économiques pouvant être assemblés de différentes façons, afin d’offrir une plus grande variété de modèles. Cela aboutira en 1935 à la naissance de la société Artek, pour « alliance de l’art et de la technique, au service de la production industrielle d’objets artistiques destinés à la vie quotidienne ». Foncièrement convaincu que l’art contribue à l’améliorer.  ES

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Le dossier de fond au cœur de la transformation des intérieurs immobiliers

Le digital a bouleversé le shopping. Les spécialistes du retail s’accordent tous pour le penser et parfois pour le dire. Le digital a bouleversé l’acte de consommer, remettant en cause le besoin de se déplacer dans des lieux dédiés pour faire ses courses, même alimentaires. Autant le déclarer tout de suite : l’heure est grave… mais pas désespérée.

Après le temps du déni et de la résilience, les grands opérateurs d’opus commerciaux se sont repositionnés sur les fondamentaux : faire revenir les consommateurs dans leurs temples du shopping en oubliant un peu la lecture des bilans Excel. Cette réaction – tardive mais salutaire – s’effectue à trois échelles. Digitale, expériencielle, culturelle. Trois échelles pour une grande ambition. Invitation à la découvrir en trois dimensions…

inside

Un tour d’horizon des réalisations qui font l’actualité

Radisson Collection Royal Hotel, temple du design à Copenhague

Présenté comme « le premier hôtel design du monde », le Radisson Blu Royal Hotel de Copenhague – conçu par le célèbre architecte danois Arne Jacobson – vient de faire l’objet d’une rénovation complète confiée à l’agence Space Copenhagen. « L’hôtel est un véritable point de repère pour les amateurs de design du monde entier. C’est une destination. Notre intention est de préserver son caractère extraordinaire, sans pour autant en faire un musée. Nous voulons le faire vivre pour une nouvelle génération », expliquent Peter Bundgaard Rützou et Signe Bindslev Henriksen, cofondateurs de Space Copenhagen.
Le nouvel aménagement réintroduit les caractéristiques et le mobilier imaginés par Arne Jacobson à l’image des chaises Egg, Swan et Drop… ainsi que le spectaculaire escalier suspendu, reliant l’entrée du rez-de-chaussée aux neuf salles de réunion du premier étage. Mais également de nouveaux éléments adaptés aux voyageurs d’aujourd’hui.
Grâce aux archives, le duo a pu réinstaller les sols en marbre et les lambris en bois d’origine au rez-de-chaussée où le bar et le restaurant Café Royal sont désormais ouverts sur le hall d’entrée. De quoi libérer l’espace pour la création d’alcôves où les clients peuvent se détendre et travailler. Alors que lits tapissés de tissus Fiord de Kvadrat et murs lambrissés en bois rehaussent l’ambiance des 259 chambres et suites.
En étroite collaboration avec l’éditeur Fritz Hansen, Space Copenhagen a ravivé certaines pièces de mobiliers avec de nouveaux tissus d’ameublement de Kvadrat / Raf Simons. Et dessiné de nouveaux meubles tels que la chaise Loafer et les miroirs Amore ; perpétuant le rôle de temple du design contemporain de l’établissement rebaptisé Radisson Collection Royal Hotel. « C’est un lieu pour célébrer les souvenirs du passé et en créer pour l’avenir », concluent Peter Bundgaard Rützou et Signe Bindslev Henriksen. ES

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