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Les nouveaux usages, le pouvoir des lieux

Du bureau à la maison et de la maison au bureau…

Qu’importe le bout par lequel on le prend, la France est entrée de plain-pied dans une période de grande transhumance de ses espaces de travail. À tous les niveaux, à tous les étages, à tous les rayons, le code du bureau contemporain a muté. Avec une direction, un cap : l’univers du chez-soi a débarqué sans invitation dans la sphère professionnelle.

Dans la gestion de l’espace avec l’éclosion des bulles collaboratives comme le salon ou la cuisine dignes de nos appartements parisiens. Dans le mobilier où le design se niche dans tous les détours de nos intérieurs tertiaires, brouillant savamment les pistes. Dans les services mêlant habilement services à l’occupant et services à la personne, territoires dans lesquels il reste encore tant de pages à écrire.

Il va falloir s’y faire : les codes du bureau ont changé. Fondamentalement. Profondément. Durablement. Cette révolution sourde a renversé, en assez peu de temps, les règles fondamentales d’appropriation de l’espace synonyme de pouvoir managérial. Et a imposé en aussi peu de temps la dictature des trois C : cosy, cocooning, chez-soi. Une fois que nous aurons totalement imposé la maison au bureau, la prochaine étape de la révolution des espaces de travail ne serait-elle pas la disparition pure et simple du bureau. Question est posée et imposée…

Regard croisés d’un major de l’industrie immobilière et d’un aménageur ou architecte d’intérieur

Laurent Dumas & Franklin Azzi

Avec Beaupassage, ils viennent de fêter leur première livraison commune. Pourtant, Laurent Dumas, promoteur avant-gardiste, et Franklin Azzi, symbole de la nouvelle vague architecturale, s’observent, étudient et s’enrichissent de leurs ouvrages respectifs depuis un paquet d’années. Interview… habitée.

Par Sandra Roumi – Photos : Xavier Lahache pour in interiors

Les tendances de l’aménagement qui révolutionnent les usages

La biophilie déboule au bureau

De plus en plus, les fabricants tiennent compte du besoin biologique (et urbain) de l’être humain d’entrer en contact avec la nature en proposant un design biophilique. Tel est le cas de six marques qui se sont associées pour présenter leurs avancées dans un showroom temporaire – Herman Miller, Interface, Muzéo, Akagreen, Aura et Adopte un bureau – en imaginant le bureau biophilique. Dalles de moquette Conscient qui n’émettent pratiquement pas de composés organiques volatils (Interface), fresque d’un chêne ou réinterprétation d’une jungle peinte par Le Douanier-Rousseau au mur (Muzéo), siège Setu inspiré d’un coquillage (Herman Miller), mobilier recyclé (Adopte un bureau), étagère de culture d’herbes aromatiques en aquaponie (Aura) ou plantes dépolluantes et purificatrices d’air (Akagreen), autant d’éléments en lien avec la nature et le développement durable qui réduisent le stress, augmentent la créativité et améliorent le bien-être et la santé au travail. Finie la petite plante verte au coin du bureau, place à la biophilie. EG

Également au sommaire

  • Entrez « Dans les champs de Chanel »
  • Oasis verticale
  • Vert mon toit
  • Les Halles côté jardin
  • Signature olfactive pour Altarea Cogedim
  • Silence, on bosse…
  • Partage à l’italienne
  • Des bureaux individuels dans l’open space
  • Dyson purifie nos intérieurs
  • Le mobilier urbain vu par l’Atelier A/Concept
  • Quand le sport se fait design
  • La table vagabonde
  • Wintual, fenêtre avec vue… digitale
  • Prospective et réalité virtuelle
  • Humanscale ergonomise le bureau avec M/Connect 2
  • Lumière sur l’hôtel de la Marine
  • Sous un déluge d’octets
  • L’art en chantier
  • Olivier Mosset sous le soleil de la Cité radieuse
  • À la rencontre d’Aldric Beckmann, L’homme de l’art

Les objets, mobiliers et équipements innovants

Rééditions en tous genres

Face aux cotes qui s’envolent pour des « premières éditions » ou originaux en design, les rééditions de pièces emblématiques ne cessent de faire école. Les collectionneurs ont toujours craint le pire de ce phénomène alors que les éditeurs en attendent encore le meilleur.

A priori, une réédition est avant tout une pièce que le fabricant (qui possède ou a racheté les droits) s’engage à reproduire conformément à son modèle d’origine. Mais la réalité n’est pas si simple. Quelques rares modèles sont véritablement une « seconde édition » quand une même société reprend la fabrication d’une pièce interrompue durant une certaine période. Pour d’autres, on peut parler d’une « plus ou moins libre » interprétation quand les nouvelles productions s’adaptent aux matériaux et goûts d’aujourd’hui (théoriquement sous le contrôle des héritiers ou des ayants droit du designer). Au-delà de bien des soucis d’authenticité, le marché renouvelle sans cesse l’engouement du mobilier des années 1950 à 1970.

Morceaux choisis par Sophie Roulet

Également au sommaire

  • Voyage, voyage…
  • Artisanat vs industrie
  • Borsani by sir Norman Foster
  • L’ornement est-il un crime ?
  • Du banc sculpture aux modules contemporains

Le dossier de fond au cœur de la transformation des intérieurs immobiliers

Une révolution gagne l’univers tertiaire.

Avec l’arrivée du numérique et des nouvelles générations qui travaillent autrement, les frontières entre le bureau et la maison s’estompent. Finis donc les bureaux gris et uniformes des années 1980, l’heure de la personnalisation, du bien-être et de la décontraction a sonné. Place à l’univers de la maison, un peu, beaucoup, à la folie, passionnément… En termes d’espaces, cela peut aller jusqu’à concevoir des bureaux intégrant cuisines, salons, chambres et douches. En termes de mobilier, formes, couleurs et matériaux se réchauffent, mais avec toujours à l’esprit l’ergonomie pour le rendre efficace. En termes de services, si les petits déjeuners et les cours de yoga sont désormais au programme de la journée, rien n’interdit une pause jardinage dans le potager aménagé en toiture, bien au contraire… De la maison au bureau,
il n’y a plus qu’un pas… Bienvenue chez vous !

Un tour d’horizon des réalisations qui font l’actualité

L’éclectique 92 Champs

Contre-pied. Au 92 Champs-Élysées, là où vécut Thomas Jefferson, ne cherchez pas la folie des grandeurs made in WeWork, à l’instar du flagship rue Lafayette. Sur l’artère parisienne, la firme américaine a réussi avec brio à réinterpréter les codes de l’appartement haussmannien. Sans tomber dans l’escarcelle du haut de gamme. « Ici, notre communauté est amenée à travailler comme à la maison », suggère Nathanael Bengio, designer chez WeWork. Ce dernier, pour célébrer l’esprit français, s’est inspiré d’un certain… Yves Saint-Laurent. « Nous n’avons pas souhaité rendre un hommage à YSL. Bien au contraire, c’est une invitation au voyage dans l’univers du couturier et de ses influences marocaines. » Dans le salon Moroso, la chaise bleue « Big Easy » designée par Ron Arad se fait l’écho du jardin Majorelle, quand la table orange « Mark » dessinée par Marc Thorpe évoque les agrumes. « WeWork au 92 Champs est une maison éclectique où s’entremêlent les objets d’une collection assemblée au fil du temps. » AJ

Également au sommaire

  • CBRE vs JLL : la guerre des bureaux
  • Work Place of the Future pour Pw
  • Blanc comme neige au TGI
  • La philanthropie aura son « temple »
  • La Felicità, food-market intimiste
  • À Munich, le grand magasin Oberpollinger fait peau neuve
  • Le commerce redonne ses lettres de noblesse au Grand Hôtel-Dieu
  • Avène invite au zen
  • Le Belleval, « jardin secret » imaginé par Jean-Philippe Nuel
  • Lutetia, Fluctuat nec mergitur
  • De la nature à la ville et vice-versa
  • Interface : un showroom inspirant
  • Premier showroom parisien pour RBC

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