La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Hôtel de Crillon, haut lieu de vie

Marie-Antoinette y a pris ses cours de piano. C’est dire le prestige du lieu devenu l’Hôtel de Crillon au début du XXe siècle. Cent ans plus tard, un renouveau s’imposait. Contrairement au Ritz où tout a changé sans que rien ne change, au 10 place de la Concorde, c’est la révolution. L’Hôtel de Crillon s’ouvre au peuple. « Dès le seuil du palace franchi, les Parisiens accèdent librement au lobby, au bar des Ambassadeurs et à la brasserie d’Aumont sans s’adresser à la réception », souffle le maître des lieux, Marc Raffray. Sous la coupe de Richard Martinet, les designers Tristan Auer, Cyril Vergniol, Aline d’Amman et le couturier Karl Lagerfeld ont chacun composé leur partition mêlant design haut de gamme, artisanat et métiers d’art. En sous-sol, la rénovation en profondeur a également permis la création d’une piscine magnifiée de 17 600 écailles dorées. Le souci du détail – véritable signature du luxe –, va jusqu’à revoir l’uniforme des équipes. « À l’Hôtel de Crillon, on ne dit plus uniforme mais “garde-robe”. Le jeune créateur Hugo Matha a dessiné un look anti-conventionnel pour les “ambassadeurs” de l’Hôtel de Crillon. » À l’image de la jeune clientèle que le palace souhaite attirer, notamment en organisant des soirées musicales orchestrées par des DJ’s. « La ville et la vie entrent dans le palace et inversement. L’hôtel s’ouvre sur la Fiac en invitant le galeriste Emmanuel Perrotin à investir les espaces. » Les habitués ne s’y trompent pas. S’ils ne reconnaissent pas les lieux d’antan, l’âme du palace reste intacte. Mais avec un supplément. « Plus qu’un hôtel, on peut parler de résidence privée. Certains clients trouvent sur leur table de nuit leur photo de famille. »