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Design en mouvement

Dans la pénombre d’une scénographie aérienne de l’architecte Sou Fujimoto, près de 1 400 « objets inspirés » retracent depuis l’ère Meiji à nos jours (1867-2018) les relations artistiques entre le Japon et la France. Retour sur l’innovation à l’occasion de l’exposition « Japon-Japonismes » au musée des Arts décoratifs à Paris.

En 1956, dans un article intitulé « Crise de gestes au Japon » pour la revue Casabella, Charlotte Perriand (1903-1999), dont l’épopée au pays du Soleil-Levant débute en 1940, s’alarme : « Le Japon se laissera-t-il submerger par l’apport de l’Occident, par cette poussée irrésistible de la science ? Et tout son passé, ainsi que le nôtre l’est devenu, ne sera-t-il que folklore usé ? Le remplacera-t-il en assimilant l’époque moderne avec son génie propre comme il l’a fait des civilisations anciennes ? » La question de l’innovation entre tradition et modernité est ouverte. Avec plus d’un demi-siècle de recul, les deux dernières thématiques de l’exposition, mouvement et innovation, y répondent achevant un parcours de 2 200 m2 sur trois niveaux, entre cabinet de curiosités et « tokonoma » (alcôve-vitrine des intérieurs traditionnels). Voyage dans le temps depuis l’ouverture du Japon sur l’Occident au début de l’ère Meiji.

Industrialisation et artisanat

Avec la nature, source d’inspiration chère aux artistes japonais et occidentaux, les liens entre savoir-faire traditionnels et technologies modernes demeurent une question d’actualité. De la « chaise longue basculante » (1940) de Charlotte Perriand, et de l’« Acrylic stool with feather » de Shiro Kuramata (1990) au siège « Cabbage » (2008) d’Oki Sato, designer nippo-canadien fondateur du studio Nendo, le rapprochement ne s’est pas fait en un jour. Pour Masanori Moroyama, cocommissaire de l’exposition, « l’enseignement de Perriand qui s’attache à bâtir un pont entre l’artisanat et le design moderne nourrit un terreau propice à penser le XXIe siècle et un avenir lié à l’histoire de l’artisanat ». Nouveaux matériaux et nouvelles techniques éclairent le dernier volet du parcours consacré à l’innovation qui, dans un monde globalisé, ne peut être que collaborative entre artisans, artistes, designers et industriels. Avec pour preuve Issey Miyake, qui conjugue depuis toujours artisanat traditionnel et technologie de pointe.

Charlotte Perriand, Chaise longue basculante Japon, 1940, musée des Arts décoratifs. © MAD Paris/Jean Tholance. ADAGP, Paris, 2019
Sato Oki, siège
« Cabbage », Éditions Nendo
Japon, 2008, musée des Arts décoratifs. © MAD Paris/Jean Tholance
Kuramata Shiro, tabouret « Acrylic stool with feathers », Japon, 1990, acrylique, aluminium, plumes, musée des Arts décoratifs. © MAD, Paris/Jean Tholance