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Design « local » pour Mercure

Le groupe AccorHotels s’attaque au lifting de la marque d’hôtellerie Mercure, après celui d’autres chaînes comme Novotel ou Ibis. Depuis sa création en 1973, ce réseau constitué de 75 % de franchisés compte près de 790 hôtels implantés dans 63 pays, dont plus de 250 en France. Pour fidéliser ses clients, l’enseigne Mercure revendique aujourd’hui à travers son partenariat avec Ligne Roset un design « local » fort de la diversité de son implantation. À la recherche d’une expérience qui se doit d’être mémorable, les hôteliers franchisés pourront imaginer chambres et espaces communs sur mesure à travers le catalogue Ligne Roset, fleuron du design Made in France depuis plus de 150 ans. Entretien sur ce concept sur mesure entre Damien Perrot, Global Senior Vice-President Design Multibrands du groupe AccorHotels, et le directeur de ligne Roset Contracts, Max Flageollet.

in interiors : Quelles sont les bases de votre partenariat ?

Damien Perrot : Cette collaboration entre un éditeur/fabricant de mobilier et une marque hôtelière est inédite dans le milieu de l’hospitality. La volonté du groupe AccorHotels aujourd’hui est d’être au plus proche des modes de vie qui ne cessent d’évoluer. Il faut accompagner ce bouleversement et c’est encore plus vrai avec des marques qui ont été créées il y a de nombreuses années, comme Mercure.

Max Flageollet : La société Roset a participé à la démocratisation du design contemporain depuis les années 1960 à travers le marché des particuliers. À partir des années 1980, nous avons développé le département Contracts quand l’hôtellerie a commencé à évoluer avec des designers comme Andrée Putman, Philippe Starck ou Christian Liaigre. En progressant dans la prise en compte des contraintes d’usages de ce secteur, nos collections s’adaptent aussi à l’hôtellerie. À travers notre partenariat, le catalogue pour les hôtels Mercure en est la preuve. La fabrication dans nos propres usines permet de nous adapter à toutes les demandes. Notre force pour garantir l’ancrage local est le sur-mesure. Si un architecte a des demandes spécifiques, comme une tête de lit par exemple, nous la fabriquons pour éventuellement la faire entrer ensuite au catalogue.

ii : Comment préserver la liberté de création de chaque établissement ?

DP : L’idée n’est pas de créer un concept de chambre mais de mettre à disposition un catalogue de mobilier qui, mis en scène par un architecte d’intérieur, crée un cadre unique. Les standards sont finis, il faut répondre à de nouveaux besoins. Nous souhaitons voir disparaître le mobilier intégré, l’agencement, au profit d’objets à regarder, qui dépassent leur fonction. Par ailleurs, nous avons besoin d’un rythme de rénovation plus rapide dans l’hôtellerie. Une armoire mobile est beaucoup moins contraignante à changer qu’un agencement fixe en menuiserie. Auparavant, un hôtel était construit comme un outil industriel avec ses performances en termes de nettoyage et de maintenance. Aujourd’hui, c’est un lieu de vie qui s’ouvre sur le quartier, d’où son inspiration locale.

MF : Il ne s’agit surtout pas de définir une chambre Ligne Roset pour les hôtels Mercure. Notre catalogue est suffisamment large en termes de styles et de designers, avec une grande capacité à personnaliser les produits pour aller du « classique revisité » au « contemporain inspiré » qui sont l’ADN de la marque. Ces deux axes offrent aux hôteliers Mercure un cadre pour traduire l’âme locale de leur établissement.