La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Penser l’immobilier au service de l’entreprise pour améliorer sa performance, renforcer son attractivité et réduire son empreinte carbone !

À l’occasion de la Semaine pour la qualité de vie au travail, Il est important de rappeler la responsabilité de chacun d’imaginer et surtout de mettre en œuvre des politiques immobilières au service des enjeux et des défis qui sont aujourd’hui les nôtres.

Les contingences immobilières sont tellement contraignantes que les décideurs peinent à imaginer de nouvelles solutions réellement différentes des modèles existants. Les innovations numériques et technologiques apportent certes des nouveaux usages et des pratiques innovantes, mais sans toujours répondre aux besoins opérationnels des entités ou aux attentes ergonomiques des collaborateurs.

L’immobilier constitue une ressource majeure pour l’entreprise et non seulement un coût ! Les environnements de travail sont en effet au service de l’ensemble des strates stratégique, managériale, opérationnelle de l’entreprise, pour offrir aux équipes les meilleures conditions du travail et de travail. Et, s’agissant d’une ressource, il faut en considérer tous les aspects, notamment en termes de durabilité et de confort, tout en réduisant son empreinte carbone.

Cela implique de sortir de certains dogmatismes et modèles mis en œuvre depuis des décennies. Le temps de l’immobilier est long et il s’inscrit difficilement dans le temps court de l’urgence écologique actuelle. Il est d’ailleurs surprenant de constater bien souvent que les citoyens admettent cette urgence là où les mêmes personnes, dans leur environnement professionnel, restent dubitatives et conformistes. Et ce, alors que l’immobilier et les déplacements induits par des implantations de plus en plus centralisées représentent plus 30 % de l’empreinte carbone des entreprises ! Il y a matière et il y a nécessité d’agir !

Un immobilier peut bénéficier de tous les meilleurs labels possibles, mais se révéler être une catastrophe en termes d’usage et d’impact carbone résultant de son implantation.

Cinq pistes d’actions :

Privilégier l’usage et améliorer les conditions de la performance pour réduire l’empreinte carbone de l’entreprise : l’enjeu n’est pas seulement écologique, mais de proposer des environnements de travail diversifiés et qualitatifs. Le bureau libre sera multisite et à l’échelle du territoire.

Privilégier les solutions mutualisées pour réduire les coûts, grâce à une approche servicielle. Le flex office en est un exemple et gagnerait à être étendu à l’ensemble de l’écosystème (des partenaires, aux habitants du quartier).

Privilégier d’une part la production locale dans les achats et d’autre part les produits recyclés et recyclables pour réduire l’empreinte carbone. Les critères esthétiques ne doivent pas l’emporter sur la durabilité. Les attentes des collaborateurs ne nécessitent pas nécessairement une standardisation.

Insérer la prise en compte par l’immobilier des défis écologiques dans une vision globale et stratégique qui tient compte des enjeux, économiques, numériques et sociaux :

  • en proposant des modes de travail divers, au profit de l’efficacité et de la performance du travail individuel et collectif  (calme, collaboratif, créatif, projet, informel) ;
  • en offrant les conditions de travail les plus agréables et ergonomiques au sein de l’entreprise et ainsi renforcer son attractivité (télétravail à domicile et en tiers-lieux, services aux occupants…) ;
  • en réduisant les coûts immobiliers et les impacts environnementaux aux bénéfices de tous par une approche servicielle et mutualisée responsable ;
  • en accompagnant l’ensemble des managers et des collaborateurs à une compréhension élargie et partagée des opportunités et risques des nouveaux modes et environnements de travail.

Enfin, mettre en place les dispositifs d’évaluation des modes et les espaces de travail des nouvelles politiques immobilières.

 

Point de vue de Pierre Bouchet, Génie des lieux