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Le Shack, nouveau refuge urbain

Le Shack, lieu hybride, ouvrira dans quelques semaines à deux pas de l’Opéra Garnier. Une troisième adresse entre la maison et le bureau comme le définissent ses fondateurs, Émilie Vazquez et Philippe Bourguignon.

Octobre 2018 : début du projet. Sans se mettre de barrières, les cofondateurs, associés dans les affaires, père et fille à la ville, se lancent dans un projet qu’ils veulent toutefois en rupture avec l’existant et en phase avec les nouveaux modes de travail et de consommation.

Au détour de voyages et forte de son expérience professionnelle dans l’hôtellerie et le digital, Émilie s’inspire, remarque les évolutions, les nouveautés aussi et écoute les générations nouvelles aux modes de vie et attentes disruptifs. Entre ultra-connexion et digitalisation, la distension exacerbée du rapport à l’autre l’interpelle.

En réponse, les cofondateurs placent l’humain au cœur de leur démarche et imaginent un lieu de rencontres pour se reconnecter aux autres et à soi, à la croisée de l’espace de travail, du bien-être et de la restauration.

Pour ce lieu unique, ils se mettent en quête d’un endroit qui l’est tout autant et tombent sous le charme de l’illustre maison d’édition Calmann-Lévy, un hôtel particulier de 1 500 m² impasse Sandrié, dans le 9e arrondissement.

Structuré par Gustave Eiffel, le bâtiment a conservé tous ses attributs. Bibliothèques monumentales et échelles historiques ornent ainsi un patio surplombé d’une grande verrière. Cheminées, moulures, parquet et carreaux de ciment sont, quant à eux, d’origine.

Pour l’aménagement, ils font appel à une amie architecte d’intérieur, Sandrine Cresswell-Coblence. Tout en prenant soin de conserver ce qui fait l’histoire et le charme de cet immeuble construit en 1872, cette dernière insuffle un vent de modernité et décline les 45 pièces du Shack en dix univers distincts, mais harmonieux. Sous sa houlette, le lieu devient modulable à souhait et polyvalent jusque dans ses moindres recoins. Si les trois derniers étages sont sécurisés et réservés aux membres, le reste du complexe est libre de circulation comme autant d’opportunités de découvertes.

Avec le Shack, cabane en anglais, la volonté est de proposer un lieu « comme à la maison ». Ainsi, outre le patio, les espaces de réunions, de 10 à 80 m², se veulent adaptables à chaque occasion. Mobilier dépareillé, grande table d’hôte ou encore feu de cheminée participent de cette atmosphère accueillante et chaleureuse.

Autant dire que les raisons de pousser les portes du Shack seront nombreuses.

 


TROIS QUESTIONS À… ÉMILIE VAZQUEZ, COFONDATRICE DU SHACK

in interiors : Pour vous, le Shack est un lieu de collision. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Émilie Vazquez : Avec le Shack, nous avons souhaité créer un lieu de vie où le professionnel croise le visiteur d’un jour, où celui qui vient pour son cours de yoga échange avec le barista, où l’on vient pour un talk ou découvrir une digital brand. Recréer du lien, c’est faire vivre le lieu et multiplier les occasions d’y venir et d’y échanger. C’est ce qui nous a guidés dans l’aménagement de l’espace, la proposition de services et d’activités et la programmation d’événements. À l’ère de l’ultra-digitalisation, le Shack souhaite inciter les uns à aller vers les autres.

Sur la côte Ouest des États-Unis, les shacks sont des cabanes de surfers où règnent une atmosphère conviviale et surtout un fort esprit communautaire… C’est finalement très proche de notre conception…exception faite du surf !

ii : Quelle est donc la proposition de valeur du lieu ?

EV : Le Shack proposera des espaces de travail, de restauration et de bien-être. Les 1 500 m² permettent d’aménager des salles de réunions dites classiques, mais également de créativité et d’idéation avec des équipements modulables et technologiques qui ouvrent le champ des possibles. Le patio est, quant à lui, le point névralgique. On y accueillera nos clients, ils pourront également s’y restaurer d’une cuisine simple mais qualitative, y venir prendre un café à partir de 7h30 ou un verre en fin de journée… Un second bar, plus confidentiel, proposera une carte de cocktails signature élaborée par la mixologue du Shack et sera ouvert jusque 23h. L’ensemble du lieu a été pensé pour être ultra-polyvalent. Un espace de réunions est avant tout un espace pour se réunir que ce soit entre collègues, en famille, entre amis pour un séance de travail, de sport ou un déjeuner. Le Shack aura la possibilité de s’adapter à une multitude d’usages. Via une programmation, des partenariats et des prestations qualitatives et originales, c’est un écosystème qui va progressivement se mettre en place.

Pour les réservations d‘espaces et d’activités, le Shack sera doté d’une appli qui permettra également au visiteur de découvrir le lieu et de gérer son espace personnel. Mais si le digital facilitera l’utilisation des infrastructures, il ne remplacera pas l’humain.

ii : L’humain est au cœur de votre démarche. Comment cela se traduit-il concrètement ?

EV : Notre volonté de dédier ce lieu à la rencontre avec les autres et à la redécouverte de soi est centrale dans le projet. L’aménagement du lieu et les services proposés ont pour but de faire se rencontrer tout type de visiteur. Dans sa conception, le Shack est un mix de tendances et d’inspirations… Des activités importées notamment des États-Unis tels le yoga aérien ou la méditation flottante et sonore permettront à l’utilisateur de se déconnecter pour mieux de retrouver dans un lieu qui se veut « club » dans l’esprit, mais ouvert à tous dans l’utilisation.

Parallèlement, la constitution de l’équipe me tient à cœur. J’aime à la penser comme un casting de personnalités plus qu’un recrutement. Pour moi, l’expérience compte, mais la personnalité prime. Dynamisme et sens du service sont des qualités que nous recherchons chez nos collaborateurs pour accompagner nos clients prochainement.

Photos : © Julien Knaub_Le Shack.