La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

Haut
© Adobe Stock/Deagreez

« Le bien-être au travail devrait sortir gagnant de cette situation tout comme l’efficacité »

0

Face à l’épidémie du Covid-19, les secteurs public et privé se voient contraints d’accélérer leur transition numérique et d’utiliser des outils collaboratifs. La Direction interministérielle du numérique (Dinum), par exemple, a fait appel à la société Wimi, qui développe un logiciel en ligne de gestion de projet et de travail collaboratif. Antoine Duboscq, son fondateur, décrypte pour in interiors les contours de ce type de solution.

in interiors : En raison du confinement, Wimi a accéléré le lancement au sein de la Direction interministérielle du numérique (Dinum) de la plate-forme Plano. Quels en sont les contours ?

Antoine Duboscq : La Dinum souhaitait développer une plate-forme pour favoriser les projets interministériels. Elle nous avait contactés l’été dernier avec pour ambition de décloisonner les ministères et de les moderniser, tout en garantissant une souveraineté numérique, un stockage de données et une cybersécurité.

Le confinement a accéléré la mise en ligne de la plate-forme Plano afin d’offrir un cadre sécurisé et performant pour travailler sur un même projet de manière localisée ou à distance. Cet outil permet de plus de travailler à des heures différentes en fonction des contraintes personnelles et des fuseaux horaires de chaque collaborateur.

Le numérique permet une souplesse dans l’organisation du travail, une liberté individuelle et collective. Avec ce type de travail en mode projet, une culture de la confiance s’introduit par le biais du partage des agendas, des tâches communes, des données, des documents…, ce qui n’est pas forcément évident en temps normal.

ii : Ces dernières semaines, comment a réagi votre clientèle ? avez-vous observé une hausse de la demande ?

AD : Nous avons d’abord observé un doublement de l’intensité d’usage de nos outils. Nos clients qui sont passés en télétravail ont augmenté leur intensité d’usage, ce qui a entraîné une charge supplémentaire sur nos serveurs. De nouveaux clients nous ont également rejoints.

La collaboration est un enjeu d’efficacité et de productivité pour les entreprises, or parmi elles, certaines rencontrent des problèmes de coordination, de transmission de l’information, d’organisation de réunion, de perte de données… Nos outils de troisième génération permettent justement de régler ces problématiques, avec une approche qui ne s’opère pas par format de contenu, mais par projet. De nombreuses entreprises travaillent par projet, avec des conférences téléphoniques, des réunions par visioconférence, des agendas partagés… Notre solution regroupe et optimise toutes ces possibilités.

Wimi permet de travailler en équipe autour de fonctions de base : s’organiser, communiquer et créer. La plate-forme donne la possibilité d’organiser des réunions, de recourir aux conf call, de coéditer des documents en ligne…

Les demandes varient en fonction de la maturation de l’entreprise dans la transition numérique. Certaines sociétés ne sont pas habituées au télétravail, elles cherchent donc d’abord, des outils de messagerie tels que WhatsApp. Après, avec un niveau de maturation numérique plus développé, elles trouvent sur notre plate-forme des modules comme le partage documentaire sécurisé, avec une gestion des droits claire. Enfin, les structures les plus avancées dans la transition numérique utilisent notre plate-forme intégrée pour travailler sur un projet de manière transverse entre leurs différentes équipes.

ii : Quelle est votre vision sur l’évolution du télétravail post-confinement ?

AD : Aujourd’hui, nous pratiquons un télétravail imposé. Nous en découvrons les vertus. Les indépendants, les salariés, mais aussi les managers ou les dirigeants, découvrent que cette approche est possible. À l’issue du confinement, nous basculerons dans un monde où le télétravail sera choisi.

Maintenant, je ne pense pas que le télétravail va devenir la façon exclusive de travailler. Il existe des contraintes de production pour certaines activités, qui obligent des collaborateurs à être localisés dans un même lieu. De plus, la dimension sociale de l’être humain est importante. Se retrouver est bénéfique pour la productivité et la motivation. Il y a donc un équilibre à trouver entre l’organisation professionnelle et personnelle. Le bien-être au travail devrait sortir gagnant de cette situation, tout comme l’efficacité.

 

 

Photo : © Adobe Stock/Deagreez