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L’apprentissage au télétravail est encore loin d’être acquis (Anact)

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L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a mené un questionnaire auprès de 4 152 personnes entre le 8 et le 15 avril 2020, sur les améliorations possibles des pratiques de télétravail en période de crise comme en période « normale ». Si dans l’ensemble, le télétravail s’est imposé correctement, les répondants estiment qu’il existe des axes d’améliorations.

Dans l’urgence, le télétravail s’est en effet organisé correctement avec 88 % des répondants qui estiment disposer d’un équipement numérique suffisant, et surtout deux tiers des répondants qui ont bénéficié d’une adaptation de leurs objectifs (69 %) et de leurs activités (79 %).

L’aménagement du temps de travail a également été le grand gagnant de cette crise sanitaire, puisque 80 % des répondants estiment avoir la possibilité d’adapter leurs horaires pour répondre à des contraintes personnelles. Sur le temps de travail toujours, une majorité des répondants affirment avoir bénéficié de réunions régulières d’équipe à distance et d’échanges avec leur manager au rythme d’au moins une fois par semaine.

Le télétravail n’a cependant pas que des avantages, et nécessite des améliorations – déjà opérées pour certaines – dans le temps. Une majorité de salariés qui n’ont pas pratiqué le télétravail au préalable, travaillent en effet, du fait de l’urgence, dans un environnement de travail inadapté. Ce même segment de travailleurs qui découvre le télétravail, ressent également avec d’autres, à 48 %, un sentiment de moindre efficacité au travail.

Environ 50 % des répondants s’estiment d’ailleurs plus fatigués qu’à l’accoutumée, la faute peut-être à une charge de travail plus importante, puisque 45 % ont le sentiment de travailler plus que d’ordinaire, dont une proportion plus importante de managers. Cependant, il est également important d’être à l’écoute de ceux qui estiment travailler moins, voire beaucoup moins (12 % des répondants) dans cette période.

Pour l’Anact, « ces résultats invitent à renforcer les pratiques managériales en matière d’écoute des situations individuelles, d’appui à l’articulation des temps de vie, de partage du sens au travail ». Les pratiques vont donc sûrement évoluer, d’autant plus que 88 % de l’ensemble des répondants souhaiteraient poursuivre le télétravail à l’issue de la crise. L’Anact propose d’ailleurs la rédaction collective et paritaire d’une charte du télétravail dont l’objectif est de répondre aux enjeux de l’organisation et des salariés.

 

Photo : © Adobe Stock/kerkezz