La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

Haut

Anne-Laure visite… son quartier post-confinement

Depuis peu, nous apprécions une liberté de déplacement retrouvée. Plus d’attestation, plus d’interdiction… Le retour à une vie normale est amorcé… sauf que, la rue n’a visiblement plus tout à fait les mêmes codes, les magasins plus tout à fait le même fonctionnement.

Après plusieurs semaines d’enfermement, il était grand temps d’aller redécouvrir mon quartier. C’est donc équipée, c’est bien là le mot, que je suis sortie, certes sans attestation, mais masque sur le nez et lotion hydroalcoolique en poche.

Le bal masqué

Quelques mètres à peine pour comprendre que la vie a plus que doucement repris son cours. Les gens sont de sortie, se suivent, se croisent. Toutefois, le confinement aura changé notre façon de nous déplacer… Par méfiance ou précaution, on se déporte, on se cède le passage, on change même parfois de trottoir.

Beaucoup sont masqués, mais pas tous. Derrière eux, on reconnaît à peine les connaissances et quand c’est le cas, on se salue du coude. Le confinement a-t-il changé notre rapport à l’autre ? Peut-être. Temporairement du moins.

Cette liberté retrouvée est donc toute relative, mais il faut toutefois reconnaître qu’aller et venir comme bon nous semble et voir les boutiques, rouvrir a un goût de normalité plutôt agréable ; les rideaux toujours baissés nous rappellent quant à eux que la reprise pourrait être plus compliquée qu’un simple retour de la liberté de déplacement. Les restaurants ne sont pas encore tous ouverts, mais proposent toutefois de la vente à emporter… la fameuse tendance des « dark kitchens ». Le commerce s’est lui aussi réinventé.

Please enter…

Enfin, c’est vite dit. Les lieux publics sont soumis à des contraintes sanitaires assez strictes. Force est de constater qu’elles sont la plupart du temps respectées. Si nous sommes déconfinés, la légèreté, elle, n’est pas encore de mise.

À la supérette, pas de restriction de nombre, là où, à la presse, trois clients au maximum sont acceptés dans le magasin. De fait, on fait la queue… à distance. Mais on est aidé, des stickers espacés du mètre réglementaire jalonnent trottoirs et autre accès aux caisses.

À l’intérieur, les masques sont obligatoires, et dans les lieux à forte affluence, la noisette de gel l’est aussi. Et ça nettoie… beaucoup. Pschitt par ci, pschitt par-là, l’odeur des désinfectants flotte tel un parfum d’ambiance.

Dans certains magasins, un sens de circulation a même été instauré pour que personne ne se croise.

Le passage en caisse est également un moment intéressant. Les commerçants, calfeutrés derrière des écrans de plexi, ont du mal à arborer un sourire. Toutes les barrières physiques semblent induire des barrières sociales. La généralisation du sans-contact avec des montants plafonnés désormais à 50 € facilite clairement le paiement. C’est plus facile, plus rapide, plus propre.

Les nouvelles pratiques ne s’arrêtent pas là ; les commerçants s’adaptent. Même si je ne suis pas concernée, le coiffeur ne fait plus la barbe. Le primeur sert, lui, au comptoir, on ne touche pas, on ne circule pas, on fait la queue… toujours et encore.

Au terme de cette sortie aux allures d’expédition, le bilan est mitigé. Les précautions à prendre et les appréhensions prennent aujourd’hui le pas sur mon plaisir de sortir… Si redonner une impulsion à mes commerçants est important, braver les transports en commun pour aller m’aventurer dans d’autres quartiers n’est toutefois pas au programme !

Crédits : @anne-laure alazard