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La restauration expérientielle a-t-elle encore un avenir ?

Photo à la Une : © iStock

 

La crise du Covid-19 redistribue indéniablement les cartes et la restauration d’entreprise n’échappe pas à ce nouveau monde ainsi qu’aux casse-têtes qui l’accompagnent. Au cœur de l’environnement de travail, on peut même dire qu’elle doit totalement repenser l’expérience consommateur telle qu’elle s’épanouissait jusque-là. D’ailleurs, « l’expérience » est-elle toujours au cœur des attentes quand l’heure est plutôt à l’appréhension ?

La restauration change de régime

La pause déj’ c’est un moment d’évasion bien mérité, un instant à vivre seul ou entre collègues. Du moins c’était.  Alors que les contacts deviennent synonymes de stress et de risque sanitaire, la convivialité de la table pourrait en ressortir fragilisée. Les acteurs du marché devront redoubler d’inventivité pour continuer à séduire tout en rassurant. C’est loin d’être une recette facile quand les symboles de liberté dans l’assiette deviennent personae non gratae tels que les concepts « bars » et le libre-service, ou que le plastique tant décrié va par la force des choses faire son grand come-back dans nos bacs pour protéger le moindre aliment.

Ce qui évoluait vers une restauration d’entreprise valorisée et valorisante, généreuse en bouleversements dans l’assiette, dans l’environnement et dans l’expérience au sens large, pourrait vraisemblablement se recentrer sur la garantie d’une prestation « aseptisée » jalonnée d’informations de sécurité et de rappels sur la distanciation sociale, une offre fonctionnelle avant tout.

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Imprévisible, la suite… Vraiment ? 

Ne sombrons pas dans le pessimisme, on peut sans trop de difficultés anticiper un avenir en deux temps pour la restauration en entreprise.

Timide, au compte-gouttes et dans une organisation différente qui aura forcément un impact sur la fréquentation du restaurant. Sans oublier que le télétravail a convaincu plus de monde en deux mois qu’en dix ans et qu’il sera désormais plus largement adopté.

Pour autant, tous ceux qui bravent l’extérieur et se rendent au bureau ont plus que jamais droit à une restauration agréable et attrayante, en toute sécurité.

© Le Parisien / Foodles

Le retour à « la normale »

Ou du moins à un temps où les choses iront mieux, où un vaccin et/ou un remède aura été trouvé. Des mois seront passés laissant des traces comme des habitudes et de nouvelles règlementations, de nouveaux prismes aussi sur la façon de consommer et de s’alimenter.

Gageons que dans l’assiette et autour de l’assiette, cela voudra dire encore plus fort : renationalisation, volonté absolue d’acheter français, terroirs, petits producteurs, virtualisation et personnalisation de l’expérience, diversification des espaces et des offres.

On peut par exemple penser que le succès grandissant des jeunes pousses de la Foodtech et de leurs nouveaux formats, plus agiles et flexibles, va se confirmer : armoires et frigos connectés, logistique de proximité, bases d’approvisionnements décentralisées, sites de production façon « dark kitchen »…

En conclusion, le casse-tête pour les acteurs comme pour les donneurs d’ordre confirme que c’est tout le modèle économique de la restauration d’entreprise qui doit être repensé. Chacun doit faire un pas, ou deux, sans quoi nous ne trouverons pas la bonne équation, au risque d’alimenter une insatisfaction latente du côté des consommateurs, qui ne comprendront pas pourquoi leur entreprise ne suit pas le mouvement.


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