La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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« Moins de mètres carrés, mais mieux de mètres carrés »

Photo à la Une : © godji10 / Adobe Stock

Le code de l’immobilier de bureaux est en passe de changer. Avant d’être totalement réinitialisé, il doit prendre en compte de nouveaux paramètres, intégrer de nouvelles inconnues dans son équation. La première, c’est celle de cette nouvelle norme qui s’incruste, profondément, durablement, dans les entreprises : le télétravail ou plutôt la dose de télétravail que toutes les entreprises (tous les utilisateurs ?) vont adopter, hésitant entre la posture de la remote ou de la reboot company. La seconde, c’est le bon ratio de distanciation sociale qui va s’imposer, entre le 4 m2 du sortir du confinement et les 1 m de distance entre individus… d’aujourd’hui.

Surtout, ce nouveau débat ne doit pas cacher la sourde inquiétude qui gronde dans les milieux immobiliers. Depuis quelques jours, les chiffres tombent les uns après les autres. Celui de la demande placée qui devrait perdre l’équivalent de 1 million de m2 de bureaux en 2020, selon JLL. Celui de la destruction de mètres carrés de bureaux qui pourrait s’élever à la bagatelle de 11 millions de m2 de bureaux selon une étude de Natixis, cette fois-ci par le jeu du télétravail, mais surtout par celui de la destruction d’emplois tertiaires dont on ne pipe mot pour l’instant dans l’industrie immobilière. 11 millions de m2, c’est l’équivalent de 20 % du parc en Île-de-France.

Le même Natixis qui nous dit, dans le même temps, que ce facteur de dédensification des espaces de travail pourrait compenser à hauteur de 80 % l’impact du télétravail. Première lueur d’espoir dans ce tableau décidément très noir : « Le contrecoup de la crise sanitaire va amener les entreprises à repenser l’aménagement de leurs locaux et à privilégier notamment les espaces collaboratifs qui pourraient générer en moyenne 4 m2 supplémentaires par salarié », détaille Thibaut Cuillière, Head of Real Asset Research chez Natixis.

Nous y voilà… Depuis trois ans, votre revue in interiors s’attache à faire le lien (et le liant) entre industrie immobilière et écosystème de l’aménagement des bureaux. Depuis trois ans, in interiors vous parle, numéro après numéro, « des nouveaux usages » et « du pouvoir des lieux ». Depuis trois ans, in interiors joue la petite musique du « moins de mètres carrés, mais mieux de mètres carrés », formule impropre grammaticalement, mais tellement juste existentiellement. Formule reprise d’ailleurs par les uns et les autres pour notre plus grand bonheur…

Une chose est acquise : cette crise sanitaire va donc bouleverser l’équation et la définition et le code du bureau. Mieux. C’est la porte du bureau qui est en passe de changer. En exclusivité, in interiors vous partage ses convictions pour les prochaines années… Suivez-les, adoptez-les, partagez-les, elles sont les vôtres, car elles sont les nôtres…

Quatre tendances à regarder à la loupe

  • De la gestion de stock à la gestion de flux : l’immobilier de bureaux vit aussi sa révolution. À l’instar du commerce qui n’en finit pas de se repenser et de se réinventer – au risque d’user notre vocabulaire –, le bureau sera à l’avenir géré comme un espace de flux et non plus comme un lieu de stock. Inspirons-nous pour cette nouvelle épure de l’entrepôt logistique – pardon de la plate-forme – qui a fait, il y a quelques années déjà, sa révolution silencieuse.
  • Une seule solution, l’optimisation : entre dédensification – traduction spatiale du 4 m2, réaction épidermique à la crise sanitaire – et redensification – incarnation du 1 m de distance qui semble jaillir de la post-crise –, une seule solution : l’optimisation. Derrière la sémantique, les implications sont cruciales pour les directeurs immobiliers et les space planners en tous genres.
  • Le bureau qui soigne : l’on attribue au bureau bien des qualités, au premier rang desquelles il faut citer des vertus médicinales. Après la litanie du bien-être au travail qui veut à la fois tout dire et ne rien dire, l’on s’oriente tout doucement vers une nouvelle trilogie : bien-bouger/bien manger/bien cultiver.
  • Collabora(c)tif : lien ou lieu social ? Les deux mon capitaine. Les espaces collaboratifs qui ont animé ces dernières années nos colonnes vont se muer, nécessairement, en espaces collabora(c)tifs, mêlant privé et public, travail et loisirs, fonction sociale et impératif sociétal.

Quatre tendances au long cours qui ne manqueront pas d’être inscrites au sommaire de in interiors.


Article issu du dossier du numéro 11 d’in interiors. Pour consulter l’intégralité du dossier, cliquez ici.

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