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et du pouvoir des lieux.

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« Le mobilier de bureau s’adapte aux nouveaux usages »

Photo à la Une : © .shock / Adobe Stock

La crise du Covid-19 oblige à repenser le mobilier de bureau pour répondre à des normes sanitaires et au mobilier à la maison. Fini le bench vive le canapé ? Éléments de réponse par Odile Duchenne, directrice générale d’Actineo.

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in interiors : Suite à la crise du Covid-19, comment le mobilier de bureau pourrait-il évoluer ?

Odile Duchenne : Tout d’abord le mobilier de bureau devra désormais répondre à des exigences sanitaires. Comment se protéger de la contagion sans bureau individuel fermé ? Comment se réunir et collaborer avec ses collègues ? Les space planners et les fabricants de mobilier de bureau vont devoir résoudre ces équations complexes. Ce qui est certain, c’est que les benchs n’auront plus le vent en poupe, à la fois pour des questions de distance par individu, mais aussi grâce au développement à venir du télétravail. Le mobilier à destination des espaces collaboratifs, à l’inverse, va se multiplier. 

Côté matériaux, il faudra à la fois des solutions très simples à nettoyer (aussi facilement que le mobilier hospitalier) sans rien perdre des qualités d’usage, de confort et d’esthétique… Les fabricants y travaillent déjà depuis le confinement. Le sujet avance vite.

ii : La montée en puissance du télétravail aura-t-elle également un impact ?

OD : Avec le « bureau comme à la maison », et maintenant « la maison comme au bureau », nul doute que l’hybridation des lieux va encore s’accentuer. Puisque l’on travaille désormais aussi bien chez soi qu’installé au coworking du quartier, à son bureau, sur la terrasse du bureau ou encore au restaurant d’entreprise, le mobilier doit suivre le mouvement ! Il faudra également mieux équiper les salariés à leur domicile, de façon à préserver leur santé. Quelques fabricants n’avaient pas attendu les grèves ou la crise sanitaire pour imaginer du mobilier professionnel adapté à nos intérieurs ! Mais ce type de solutions devrait se multiplier.

ii : Ainsi, le mobilier de bureau pourrait investir toujours plus de lieux, hors du bureau ?

OD : Tout à fait ! Alors que le télétravail a fait ses preuves, il va forcément s’installer durablement de façon conséquente. Et s’il a montré ses possibilités en termes de performance, le télétravail a aussi montré ses limites, professionnelles, humaines et ergonomiques ! Pas facile de travailler sur un canapé ou un bout de table de cuisine durant des semaines ! Et puis au-delà du home office, c’est le travail nomade plus largement qui poursuit son développement. Ainsi, je suis convaincue que les espaces de coworking, dans une mauvaise passe depuis le début de la crise sanitaire, tombent à point nommé, offrant une alternative au travail à domicile qui n’est pas la panacée si l’on en croit le retour d’expérience des salariés obligés de le pratiquer, tout en apportant la sécurité et la protection de la santé des coworkers, mais aussi la proximité du domicile qui seront une exigence forte dans l’après Covid-19.


Interview issue du dossier du numéro 11 d’in interiors. Pour consulter l’intégralité du dossier, cliquez ici.

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