La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Maison et bureau, les nouvelles dynamiques

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Les 22 et 23 octobre derniers se tenait le Vitra Summit, une réflexion sur la façon d’appréhender l’espace de travail et le lieu d’habitation. Nouveaux enjeux, nouveaux usages, nouvelles attentes, sur fond de crise et de confinement, on tâtonne pour trouver une nouvelle norme. Ces quelques jours d’échange ont mis en exergue de nouvelles dynamiques. Décryptage.

 

Une maison « plus, plus, plus »

Plus de temps, plus de fonctions, plus d’occupants, l’habitat est chahuté et voit sa destination drastiquement modifiée. Entre vie privée et vie publique, les frontières sont poreuses et l’espace multifonctionnel. Cette évolution pose la question de la surface dont on dispose et de la qualité de vie que le logement peut offrir.

Si la modularité du mobilier constitue une première réponse, les attentes vont bien au-delà. Avoir son salon comme toile de fond en visioconférence ou instagrammer son quotidien depuis chez soi, par exemple, font du logement un lieu « presque » public. Paradoxalement, l’environnement sanitaire en fait plus que jamais une cellule protectrice où l’on se ressource. L’habitation se veut saine, cosy et sensorielle. On veut s’y sentir bien. Ainsi, hygiène, équipement, décoration sont autant de préoccupations qui doivent aujourd’hui trouver des réponses.

 

Parallèlement, si l’aménagement de l’habitat est un sujet, savoir où l’on a fondamentalement envie de vivre en est une autre. La nature a, en un sens, repris sa place. Certains la réintègrent en végétalisant leur intérieur, d’autres amorcent un changement plus important. Avec le manque de place et d’extérieur, un besoin de reconnexion à la nature comme source d’apaisement se fait clairement sentir. Contemplation, authenticité, slow life vont de pair avec cette envie d’espace qui s’illustre souvent par l’exode urbain.

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L’espace numérique est devenu le bureau

Télétravail et développement des outils numériques ont permis aux entreprises de s’adapter. Si cette organisation permet aujourd’hui une continuité d’activité, elle a aussi mis en évidence l’importance du facteur humain. Rencontres, interactions, confrontations, réflexions, beaucoup de taches sont réalisables à distance, mais le contact paraît primordial pour conserver cohésion et efficacité.

 

Redéfinir l’espace numérique comme nouvelle station de travail, l’espace physique comme lieu de rencontres professionnelles et une culture de travail cohérente sont trois objectifs que doit servir le design.

Si l’espace numérique est devenu le nouveau bureau, que devient alors l’ancien ? Un lieu de rencontres professionnelles aux volumes ouverts, tant à l’intérieur que vers l’extérieur. Si venir travailler pour rester seul à sa station de travail semble ne plus avoir de sens, se retrouver dans un endroit agréable d’interactions où circule l’énergie collective paraît a contrario en trouver un. Ainsi, le bureau tendrait à devenir un lieu où l’on ait envie de se rencontrer, donc agréable et pensé pour se réunir de façon informelle à deux, quatre, six ou plus, donc modulable.

La crise exacerbe le besoin de bien-être plus que de divertissement, comme ont pu l’illustrer de récentes tendances. Les collaborateurs deviennent attentifs à l’acoustique d’un lieu, à sa luminosité ou à sa végétalisation. En effet, l’intégration de la nature dans les projets répond également à un besoin. Patios, parcs, végétalisation des espaces intérieurs sont appréciés, en milieu urbain, mais pas seulement.

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Les besoins exprimés, même s’ils ont pris de l’ampleur avec la crise, sont sous-jacents depuis bien plus longtemps. Bien-être au travail, végétalisation, mixité fonctionnelle sont des notions qui ne viennent pas d’émerger. En revanche, la façon d’y répondre doit tenir compte de la crise actuelle qui modifie profondément les attentes. Tel un bilan intermédiaire, le Vitra Summit ouvre des perspectives. Si les pistes avancées répondent aux besoins d’aujourd’hui, ces derniers ne seront pas forcément, dans un contexte incertain, ceux de demain. Toutefois, interactions humaines, qualité de vie et nature sont des constantes qui s’inscrivent dans les dynamiques identifiées.

 

Photos : © Vitra