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et du pouvoir des lieux.

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Diaporama : l’extension des Haras de Strasbourg par Jouin Manku

L’agence Jouin Manku signe l’extension de l’hôtel quatre étoiles Les Haras, situé aux portes de la Petite France, à Strasbourg. Un spa, des salles de séminaire et 60 nouvelles chambres ont été inaugurés dans un bâtiment datant du XIXe siècle situé en dehors du site historique des anciens Haras Royaux transformés notamment en hôtel en 2015 par la même agence d’architecture intérieure.

Le principal défi relevé par les concepteurs a consisté à préserver une unité entre les deux bâtiments séparés d’une rue. Pour ce faire, ils ont réhabilité un tunnel désaffecté et développé un concept entre rupture et continuité. L’extension de l’hôtel développe ainsi un caractère propre qui fait écho à l’âme des murs dans laquelle elle se déploie, tout en restant fidèle à l’esprit des Haras.

 

Ce projet dépasse largement le cadre de l’hospitalité et participe d’un vaste programme philanthropique porté par l’Ircad (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif). Dans les murs de cette ancienne clinique dirigée par les sœurs de la communauté des Diaconesses, le thème du soin affleure de lui-même. Le travail sur les volumes et la lumière apportent le calme. Le choix des matériaux et des revêtements touche les sens. Des citations visuelles à la médecine chinoise ou à l’herboristerie nourrissent l’imagination. « La notion de soin nous touche, racontent les architectes d’interieur, parce qu’elle est intrinsèquement liée à notre pratique de l’architecture et du design. Ici plus qu’ailleurs, nous avons porté une attention vive aux sensations physiques et émotionnelles de ceux qui traversent l’espace.

Dans le spa, par exemple, la réponse des matériaux à la lumière tisse un cocon. Le bois de chêne réchauffe. L’éclat argenté des tesselles de mosaïque annonce l’élément aquatique. Dans les chambres, les designers ont déjoué les normes : le téléviseur, plutôt que d’être posté face au lit, est déporté pour laisser place à une banquette où débute l’idée de faire salon. Élément narratif, l’abat-jour reprend dans son pliage la forme de la coiffe que portaient les sœurs de la communauté des Diaconesses. Dans l’aménagement, la recherche d’essentialité se traduit dans l’ascèse des lignes et des formes.

Le rez-de-chaussée se prête à l’organisation d’événements. Il abrite la salle des petits déjeuners qui peut se transformer, selon les besoins, en salon. Une table d’hôtels invite aux grandes tablées, des canapés à la lecture de la presse. Les boiseries sont rythmées par une bibliothèque au fond de laquelle se déploie un spectaculaire bas-relief taillé par l’artiste Pierre-Louis Dietschy qui représente les plantes courantes de la pharmacopée. Trois salons en enfilade sont séparés de cloisons amovibles qui permettent d’organiser les volumes en fonction des besoins. L’espace s’adapte ainsi à l’organisation de séminaires, de réunions, de conférences ou d’événements privés dans un écrin particulièrement soigné.

 

Photos : © Nicolas Matheus