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et du pouvoir des lieux.

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Qui sont les commuters ?

La blogueuse Anne-Laure Alazard prend la plume sur in interiors pour donner son point de vue les « commuters », terme anglo-saxons qui désigne ceux qui ont choisi de faire la navette quotidienne entre ville et agglomération périurbaine, un phénomène qui s’amplifie avec la crise sanitaire.

 

Faire la navette entre la ville où l’on travaille et celle où l’on réside semble inspirer une nouvelle tranche d’actifs, les commuters. Ce phénomène, s’il est, comme beaucoup d’autres, amplifié par la situation actuelle, n’est pas uniquement lié au développement du télétravail. Entre motivation, organisation et conséquences, cette nouvelle tendance n’est pas aussi anodine qu’elle n’y paraît.

 

Raisons et sentiments

Initialement, un commuter fait la navette quotidienne entre ville et agglomération périurbaine. Aujourd’hui, ce terme anglosaxon revêt un nouveau sens. Les distances augmentant, ce dernier ne fait plus forcément de trajets quotidiens et se voit dans la quasi-nécessité de conserver deux logements. Fréquence et durée font d’ailleurs de cette seconde habitation un deuxième « chez-soi » plus qu’une simple résidence secondaire.

Journalistes, consultants, mais aussi médecins ou avocats, les commuters sont souvent freelances ou indépendants, mais pas seulement. Ce qui les motive dans leur choix n’est pas lié à leur organisation du travail, mais aux opportunités que représentent les lieux où ils « s’installent ». Entre épanouissement professionnel et qualité de vie, ils ne souhaitent pas choisir et veulent juste le meilleur des deux.

S’éloigner des communautés urbaines tout en conservant son emploi ou, a contrario, saisir une opportunité professionnelle dans une autre ville tout en préservant l’équilibre familial sont les questions qu’ils se posent.

Évidemment, ce choix de vie n’est pas sans contraintes. Heures de transport, coûts liés aux voyages et au deuxième logement, fatigue… les inconvénients sont réels et impliquent une solide organisation pour conserver un équilibre familial. Quand il est approprié, le télétravail peut dans certains cas être source de flexibilité. Toutefois, ce qui caractérise le commuter est justement le fait que son activité nécessite sa présence.

 

Usages et conséquences

C’est notamment grâce au développement des lignes TGV et d’un réseau haut débit performant que les zoom towns, le télétravail et autres commuters peuvent s’envisager…toutes ces nouvelles pratiques qui rebattent les cartes de l’organisation du travail et de l’habitat, vont également dans le sens d’une mobilité intercité croissante. À nouveaux usages, nouveaux besoins. Lieux de passage et d’attente obligés, gares et aéroports risquent de voir leur fréquentation augmenter. L’offre de nouveaux services dans ces nouveaux hubs urbains devraient donc aller de pair. Restauration, bien-être, sport, divertissement ou bien médecin… tout ce qui facilite le quotidien ou rend l’attente agréable présente un intérêt.

Parallèlement, si une organisation rigoureuse est un prérequis, une découpe de la vie de famille entre deux villes et donc deux logements n’est pas sans incidences sur la demande immobilière et même sur le modèle de couple tel qu’on le connaît, avec des conjoints qui assument davantage la logistique de la maison.

À l’inverse du télétravail qui réduit les durées de transport, cette dissociation entre lieu de travail et de résidence les allonge. En dépit des diverses contraintes, les commuters ont souvent le sentiment d’une qualité de vie retrouvée.

 

Photos : © Adobe Stock