La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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L’objet est-il le nouveau catalyseur d’appropriation des espaces de travail ?

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Photo à la Une : Jeep exposée au beau milieu de l’espace restauration de Comet La Défense.

 

Ludovic Legendre, associé en charge de la ligne de services « People & Transformation », et Nicolas Flachot, directeur du style et de la création, de Parella, prennent la plume sur in interiors pour donner leur point de vue sur la place de l’objet aujourd’hui dans les espaces de travail.

 

La crise sanitaire a assurément accéléré la transformation de nos bureaux et modifié notre rapport à l’espace de travail en général. Le retour progressif initié par certaines entreprises amène un double constat :

  • Les bureaux sont déserts.
  • Collaborateurs comme managers plébiscitent un télétravail adapté (ie entre un et trois jours par semaine selon les métiers et les organisations).

Cette situation incite certaines entreprises à se lancer dans des projets visant à transformer les espaces de travail :

  • Pour réduire les surfaces devenues assez inutiles.
  • Pour renforcer l’attractivité des bureaux et y créer de nouveaux usages portés sur la collaboration et le renforcement des liens sociaux.

Cette transformation peut passer par la mise en place d’une organisation en flex office. Une démarche qui nécessite en général un accompagnement des équipes, car elle peut être vécue comme anxiogène. Elle marque pour certains une perte d’identité, une perte de repère : MA place attribuée, MES affaires, MES photos, MES trophées, etc.

Mais s’agit-il vraiment d’une perte totale de repères ou plus du passage d’un repère individuel à un repère collectif ?

 

Du repère personnel à l’emblème collectif ?
Pour compenser ce sentiment de perte, la personnalisation des espaces collectifs partagés est l’une des réponses apportées par certaines entreprises aujourd’hui.

La personnalisation, hier orchestrée entre intuitu personae et initiatives individuelles, laisse maintenant la place à un branding corporate maîtrisé et personnalisé au sein duquel un élément va jouer de nombreux rôles tant à l’interne qu’à l’externe : l’Objet !

 

LObjet, étendard symbole de la transformation d’une entreprise
Lors de déménagements, d’évolutions des espaces de travail, les ateliers liés à l’accompagnement au changement posent la question de l’objet. Il est devenu une icône de l’entreprise ou de l’équipe. La sélection d’un objet s’avère être un acte fort lorsqu’il est soigneusement et symboliquement choisi pour incarner un village, un quartier, une direction… et il devient un réel catalyseur du changement et du collectif !

 

De l’unique attrait décoratif vers l’objet vecteur de sens et d’émotions
Le choix d’un objet devient guidé par sa capacité à donner du sens. Il permet de raconter des histoires, génère un supplément d’âme indéniable et véhicule des émotions fortes.
Lorsqu’il est mis en scène, sa plus-value sensorielle plonge le visiteur ou le collaborateur dans l’immersion de l’espace qu’il découvre ou qu’il occupe.

Fini l’objet décoratif ou l’œuvre d’art choisie pour des raisons arbitrairement esthétiques. L’objet peut illustrer un repère, telle une référence historique ou symbolique pour certaines sociétés. C’est ici la dimension iconique que revêt l’Objet qui va nous intéresser. À l’instar de ce cabinet d’architecte qui a chiné une Lounge Chair d’Eames choisie tant pour son confort, que son statut de « pièce de design, » et dont le modèle est de la même année de naissance que le patron de l’entreprise ou de l’agence. L’Objet offre dans ce cas bien plus qu’une belle assise, il assoie aussi une appartenance sociale et sectorielle.

 

L’objet unique porté au statut d’emblème
Les designers d’espace utilisent parfois l’Objet pour procurer un impact visuel fort (« effet waouh ») à l’accueil ou au sein du lieu de vie principal de la société. Les entreprises peuvent alors investir dans la fabrication sur mesure d’un objet démesuré qui va faire parler de lui. Une pièce unique !

Cet objet peut apporter un sentiment d’appartenance et de fierté. La société Comet Meetings, connue pour ses lieux ultradécorés a choisi comme objet iconique sur son site de La Défense une Jeep de l’armée américaine au sein de son espace principal. Un objet marquant et remarqué !
Dans ce type de cas, l’objet devient emblématique et totémique, l’ensemble des collaborateurs se l’approprie. On le montre, on en parle, on se prend en photo avec lui, on le publie sur les réseaux sociaux… Il vient porter l’esprit d’une entreprise, d’une équipe, d’une tribu… d’un collectif.
L’Objet devient l’étendard de l’entreprise.

 

De l’objet du désir à l’incarnation de la transformation
L’Objet est donc porteur de sens, d’émotions, apporte un supplément d’âme et toujours sa force décorative. Il aide sans nul doute à désacraliser l’espace tertiaire. Il devient l’objet du désir, l’objet remarqué, le fer de lance de la transformation interne et parfois l’un des supports de la communication externe de certaines entreprises.

Il est aussi de plus en plus un véritable levier de changement. L’intérêt pour la question du choix de l’objet dans les ateliers d’accompagnement au changement est manifeste.

Les réflexions apportées par les participants d’un atelier de transformation des espaces amènent bien plus que le simple choix d’un objet… elles fédèrent et poussent les individus à se questionner, à mettre en perspective, à illustrer et à symboliser la mutation de leur entreprise… L’objet devient aussi un nouveau vecteur de réflexion, qui vaut autant pour le choix qui sera fait que pour le cheminement vers ce choix.

 

Ludovic Legendre, associé en charge de la ligne de services « People & Transformation », Parella

Ludovic Legendre bénéficie d’une solide expérience de conseil de directions générales acquise dans des cabinets leaders en France (Eurogroup, Kurt Salmon, BearingPoint et Capgemini) au sein desquels il a porté les offres de conseil auprès d’utilisateurs et de professionnels de l’immobilier. Diplômé de l’Essec, Ludovic Legendre est également membre de la RICS et animateur de débats sur l’immobilier notamment depuis plusieurs années à la commission immobilière EBG. Il intervient aussi au sein du MBA immobilier de l’ENSMI et du master professionnel « Manager en administration et gestion immobilière » du Groupe ESPI. Il rejoint Parella en juin 2020 en tant qu’associé en charge du développement de la ligne de services « People & Transformation » et vient ainsi renforcer la capacité de Parella à appréhender les problématiques immobilières et d’environnement de travail des clients dans leur globalité et leur complexité.

 

 

Nicolas Flachot, directeur du style et de la création, Parella

Nicolas Flachot bénéficie d’une solide expérience dans la direction artistique de la décoration et l’accessoirisation de lieux privés comme publics (restaurants, boutiques, hôtels, événements…). En 2009, il crée la société Kidimo, rachetée en 2015 par le groupe Artdesk pour devenir la filiale décoration du groupe. Il accompagne alors une centaine de projets d’aménagement de bureaux. Entrepreneur, féru d’art et d’images, de créations et d’objets anciens, Nicolas Flachot est aussi un communicant. Diplômé de l’École supérieure d’audiovisuel en 1995, il a occupé plusieurs fonctions au sein de groupes médias tels que M6 ou NRJ, entre 1996 et 2008. Il rejoint Parella en décembre 2020 en tant que directeur du style et de la création afin d’insuffler une dimension artistique singulière dans chacun des projets d’aménagement des clients du groupe.

 

 

Photos : à la Une : © Jared Chulski. Portraits : © Parella