La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Comment travaillerons-nous demain dans les grandes métropoles ?

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À quoi ressemblent les espaces de travail aujourd’hui à Paris ou à Singapour ? Quel est l’impact du Covid à Londres ou à Amsterdam ? Où et comment travaillerons-nous demain à San Francisco et Seattle ? Pour ouvrir cette réflexion et apporter quelques pistes, Actineo, en partenariat avec Maison&Objet et Colliers, a réalisé une enquête internationale dont les résultats sont aujourd’hui livrés.

Actineo, l’Observatoire de la qualité de vie au travail, une initiative de l’Ameublement français, en partenariat avec Maison&Objet et Colliers, a mandaté le cabinet Sociovision (groupe Ifop) pour réaliser une enquête internationale en interrogeant plus de 2 600 salariés et indépendants sur leur rapport au travail et les façons de travailler aujourd’hui, le télétravail avant, pendant et post-crise, et enfin le futur du travail. Interrogés entre janvier et février 2021, ces travailleurs étaient implantés dans cinq grandes régions métropolitaines : Amsterdam/Rotterdam/La Haye, Londres et Paris pour l’Europe, Singapour pour l’Asie et San Francisco/Seattle pour les États-Unis.

 

Parmi les résultats de cette enquête, voici dans les grandes lignes ce qu’il faut retenir :

  • Le télétravail était déjà une réalité pour un quart des répondants avant la pandémie, mais restait occasionnel. On remarque toutefois des disparités selon les villes. Dans le Grand Londres, par exemple, 17 % travaillaient à domicile pendant au moins une journée complète par semaine avant  le Covid contre 27 % à Paris. Or, durant le Covid, le nombre de jours télétravaillés dans le Grand Londres s’élevait à 3,6 dans le Grand Londres et 3,1 à Paris. Le télétravail s’est donc fortement accéléré avec la crise et est entré dans les mœurs. Demain, les salariés souhaitent le pratiquer deux à trois jours par semaine.
  • 29 % des personnes interrogées pensent que leur employeur n’est pas favorable au télétravail (36 % à Paris et 34 % à Singapour), ce qui représente un frein important à ce mode de travail. Par ailleurs, 22 % n’ont pas envie de faire entrer le travail dans leur sphère privée (28 % à Singapour, 27 % chez les 19-29 ans).
  • Ce à quoi les actifs au bureau aspirent surtout, c’est à un équilibre : entre vie professionnelle et vie privée ; entre travail en entreprise et télétravail pour une meilleure qualité de vie, davantage d’autonomie et de flexibilité. Quitte à ajouter dans leur routine des tiers-lieux de proximité, faisant le lien entre le bureau et le domicile.
  • Pour 41 % des interrogés, le bureau n’est pas mort : l’entreprise devient le lieu de sociabilisation par excellence, l’endroit où retrouver ses collègues et managers pour des échanges et des discussions professionnelles informelles.
  • Si aujourd’hui 50 % des espaces de travail sont en open spaces et 50 % en bureaux fermés, les collaborateurs souhaitent pour 50 % d’entre eux un poste attribué dans un bureau fermé (59 % à San Francisco et Seattle, et 55 % à Paris !). Mais le flex office est déjà une réalité – 17 % des salariés ne disposent pas actuellement de poste attribué – et un tiers le choisirait en première ou seconde possibilité d’aménagement. À noter que 87 % des personnes interrogées estiment que leur environnement de travail est adapté à leur besoin.
  • Les fondamentaux du bureau de demain, c’est d’abord de pouvoir s’isoler pour se concentrer dans des espaces adaptés. Les tâches individuelles ne se feront pas uniquement à domicile. En deuxième lieu, les espaces de travail doivent encourager le travail d’équipe et la collaboration, et favoriser le bien-être par un environnement où l’on se sente bien et en sécurité. Les espaces qui feront la différence seront écoresponsables et durables, éthiques, encourageant la créativité. Enfin, 70 % des répondants souhaitent vivre une « expérience employé » à travers un décor qui ait du sens et évolutif.

 

Frédérique Miriel, directrice du département Conseil en environnement de travail et accompagnement au changement chez Colliers, souligne que « les questions de bien-être et de respect global de l’environnement, mais aussi l’autonomie due à la pratique du télétravail ont aujourd’hui une place beaucoup plus importante dans les scénarios futurs ». Elle ajoute que « les nouvelles façons de travailler auront un impact sur les bureaux. » Et Alain d’Iribarne, sociologue du travail, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique d’Actineo, de compléter : « Le travail chez soi entraîne une multiplicité des façons de travailler qui va déstructurer les espaces de travail. Il faut réinventer l’immeuble de bureau que l’on veut avoir en fonction des collaborateurs. »

 

Retrouvez les résultats de l’étude ici

 

Photo : © Adobe Stock/Ligthfield Studios