La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Marseille au chevet de la ville

La plus grande agence d’architecture éphémère internationale s’est donné rendez-vous le 15 mai dernier à Marseille dans les anciens abattoirs, au cœur du marché aux puces. À l’initiative de l’un des leurs, Matthieu Poitevin, cette deuxième édition de « Va jouer dehors » aura vu grand en réunissant plus de 70 participants issus de l’architecture et de l’urbanisme, mais pas seulement. Car, au-delà des projets, l’innovation de ce collectif reste la méthode : une réflexion collective, métissée et participative sur la fabrique de la ville de demain. Maîtrise d’ouvrage publique et privée, maîtres d’œuvre, société civile, élus locaux, artistes et créatifs… ont tous accepté la règle du jeu. Avec un dénominateur commun : réparer la ville. Tout à la fois mot d’ordre et ambition, cette mission a fait cohésion. « Être dans le faire, rompre l’entre-soi idéologique pour rentrer dans l’action et composer intelligemment avec la diversité de ses interlocuteurs. La ville doit (re)devenir un lieu de récit, un lieu d’expérimentation. Et c’est à Marseille, triste symbole du mal-logé depuis le drame de la rue d’Aubagne que nous entamons cet exercice », déroule Matthieu Poitevin, à l’origine avec son agence Caractère Spécial, de cette vaste entreprise.

 

Les élus dans l’aventure

Au menu de cette journée inédite : sept villes, trois échelles, cinq axes de réflexions et des dizaines de solutions pour imaginer de quoi et par qui la ville de demain sera faite. « La ville est vieillissante, les modèles proposés sont éculés. Elle ne cesse de prétendre se réinventer, mais ne fait que reproduire des schémas qui ne se heurtent pas au réel. Jusque-là, le faire c’était faire le plus. Maintenant le faire, c’est faire le mieux. Pour un temps, l’architecte doit avant tout être un réparateur de ville pour que celle-ci redevienne le terreau fertile du bien commun des citadins », souligne l’organisateur. La ville de Marseille a apporté un soutien appuyé à la démarche. Pour Mathilde Chaboche, adjointe à l’urbanisme de la mairie de Marseille et au développement harmonieux, « sur la forme, cette initiative nous procure une bouffée d’air en démontrant qu’il est possible, dans une ville, de faire différemment. Sur le fond, il faut maintenant assumer une vision de Marseille en friche, une vision de la ville avec un projet social et pas uniquement sous l’angle de l’attractivité ». Très attendue sur une charte de la construction durable, Mathilde Chaboche entend décortiquer tous les projets et les permis de construire dans le détail.

La suite est déjà sur les rails avec pour 2022, l’évènement « Figure libre » : pendant deux jours, dix villes – mondes ou régionales – représentées par un ambassadeur-architecte, avec autour de lui, un groupe de six à dix personnes pour répondre à une problématique clé de la ville.

 

Photo : © Sandra Roumi pour Business immo global