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« Jean Tschumi, architecte », rétrospective à la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris

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Photo à la Une : Siège de la Mutuelle Vaudoise Accidents, Lausanne (1951-1956) – © Cité de l’architecture & du patrimoine / Christian Richters

Cette première rétrospective française consacrée à l’architecte Jean Tschumi (1904-1962) explore l’ensemble de son œuvre, de ses débuts dans les années 1930 auprès de Jacques-Émile Ruhlmann et d’Edgar Brandt jusqu’au concours en 1960 pour le siège de l’Organisation mondiale de la santé. Reconnu comme l’un des principaux acteurs d’une architecture « corporate » élégante et moderne en France et en Suisse, Jean Tschumi a conçu ainsi les sièges sociaux de Sandoz, Nestlé, La Mutuelle vaudoise, etc. À travers cette exposition, son processus de conception se révèle en tant qu’art total, qu’il soit décoratif ou architectural. Basée sur les modèles américains d’une architecture corporate émanant du Style international qu’il a découvert au cours de ses voyages, sa démarche se fonde sur l’efficacité et le confort. Ses explorations à travers les lignes, les surfaces, les couleurs et les matières deviennent les vecteurs d’un nouvel environnement fonctionnel de travail.  

Jean Tschumi devant la maquette du siège de Nestlé, 1960.
© Archives Bernard Tschumi

Jean Tschumi a fait ses premières armes en étant chargé de l’architecture d’intérieur et du mobilier des bureaux de la nouvelle usine d’Edgar Brandt à Châtillon. À travers ce projet, il est confronté à la question d’un mobilier et d’un environnement qui expriment et servent à la fois la fonction et le prestige d’une entreprise. Mais l’idéal du Gesamtkunstwerk – ou l’œuvre d’art total – au service de l’entreprise sera particulièrement perceptible dans le projet pour la Vaudoise ou le siège de Nestlé. L’architecte aspire à une unité de décor, une synthèse des arts, et au concept moderne d’ambiance « qui déplace le centre de gravité de l’artiste à l’employé, de l’action à la perception, de l’art à la vie.» Un idéal qu’il étend dans ses projets jusqu’au paysage mis en valeur à travers les vues de ses bâtiments. Cette vision corporate et efficace associée aux leçons qu’il a tirées de son expérience chez l’ensemblier Jacques-Émile Ruhlmann nourrissent cette architecture pensée comme un tout, de l’enveloppe au mobilier, en passant par l’aménagement intérieur, qui caractérise l’ensemble de son travail.

citedelarchitecture.fr

Siège de la Mutuelle Vaudoise Accidents, Lausanne (1951-1956), détail du hall d'entrée © Cité de l’architecture & du patrimoine / Christian Richters