La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

Haut

Anne-Laure visite…le jardin d’hiver du Royal Monceau Raffles

Chaque année, la ville revêt ses habits de lumière pour les fêtes. Dans la rue, ça brille, ça sent bon le marron grillé, ç’est l’abondance de décoration. Les vitrines scintillent de 1001 LED et d’automates, les lieux se métamorphosent et se parent de leurs plus beaux artifices. Les palaces, quant à eux, attirent par des scénographies féeriques et rivalisent d’originalité avec un objectif ultime : nous faire rêver.

Une saison, une thématique. L’hiver 2019 est celle de la fête foraine au Royal Monceau Raffles, promesse d’un moment délicieux…auquel j’ai voulu goûter ! Je me suis donc plongée dans cette expérience immersive proposée par le palace qui dispose pour cela d’un atout certain : l’espace, un luxe en lui-même.

Une immersion (quasi) féerique

Pour trois mois, l’établissement se met ainsi aux couleurs joyeuses de la fête foraine.

Dès le lobby, le ton est donné. Deux mignonnes auto-tamponneuses, toutes de paillettes recouvertes, agrémentent la réception. Juste derrière, ornementé de sucres d’orge, glaces, montgolfières, bonbons et autres carrosses, un grand arbre de Noël, magnifiquement décoré, de ceux qu’on voit dans les magazines de décoration et qu’on rêverait avoir chez soi.

Mais l’essentiel se passe au cœur du patio. Un chalet « sas » nous prépare au froid, comme le passage vers un autre univers. Quelques pas et le jardin d’hiver se dévoile… Tous les codes sont là… Une forêt de sapins, des chalets enneigés, un grande roue illuminée, des cerfs et des milliers de petites lumières… Le charme opère, la rue et son agitation s’éloignent.

La proposition ne s’arrête pas là… Une carte adaptée à la circonstance, revêt elle aussi des airs de fête, cuvée prestigieuse de champagne, jus de pomme artisanal, pommes d’amour et gaufres entre autre. Pour la dégustation, on prend place dans un des chalets ou dans les salons extérieurs, aménagés pour les fraiches températures quand plaids, fausses fourrures, parasols chauffants et même vêtements chauds nous réchauffent.

Ici, point d’artisanat sur lequel craquer mais, dans un des chalets, l’Epicerie du Royal Monceau, propose buches de Pierre Hermé, mets de fête et bien d’autres douceurs à tout gourmand souhaitant faire durer le plaisir.

Peu de monde au moment où j’y suis.. j’ai le marché de Noël pour presque moi toute seule. Il faut l’avouer, j’apprécie ce moment un peu hors du temps, si ce n’est hors du commun.

Je prends un vin chaud, ça fume, sent bon les épices. Chaque gorgée réchauffe. On oublie facilement l’environnement urbain et profite de ce moment aux faux airs montagnards.

La promesse ? L’évasion !

Avec ce decorum, le palace souhaite offrir une parenthèse magique à ses clients, résidents ou de passage. On est ailleurs, loin de notre quotidien. En ce sens, l’expérience immersive est salvatrice, elle nous extrait de notre environnement, crée une rupture.

Ce qui sera une simple gourmandise pour certains, sera probablement, pour d’autres, une réminiscence.

Pour (re)créer une ambiance, chaque détail compte, tous les sens sont sollicités…les sapins, l’odeur du vin chaud, le croquant de la gaufre, le toucher de la fausse fourrure et ce calme ambiant…L’exercice ne supporte pas la médiocrité ; une fausse note romprait de suite la magie du moment.

Enveloppée de cette atmosphère calme et luxueuse, lovée dans mon plaid, je profite de l’instant, je regarde cette roue qui tourne lentement et ralentit le temps.

Même si l’objectif est, sans surprise, de charmer une autre clientèle, il n’en reste pas moins que l’expérience est souvent très réussie dans ces établissements qui s’en donnent clairement les moyens… Tant et si bien qu’on pourrait presque s’attendre à voir la neige tomber !

Photos : @Anne-Laure ALAZARD