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et du pouvoir des lieux.

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« Avec la crise sanitaire, la tendance au collaboratif s’est renforcée »

Image à la Une : © Kardham/Photo : Julien Philippy

Collaboratif semble être la nouvelle injonction des lieux de travail. Elle infuse partout, de l’espace au mobilier en passant par les services. Ursula Raidt, directrice du développement stratégique et international au sein de Kardham, nous livre sa vision sur cette mutation annoncée.

La vague collaborative dans les espaces de travail est-elle une tendance de fond ou un phénomène marginal ?

Ursula Raidt : La tendance au développement des espaces collaboratifs est une tendance de fond qui n’est pas nouvelle. Elle puise son inspiration dans le processus de création et d’innovation inhérent aux ateliers d’artistes puis aux fab labs et aux hackerspaces. Avec la crise sanitaire, cette tendance nourrie par le numérique s’est accentuée. Après les plates-formes digitales collaboratives, c’est au tour des espaces physiques de prendre ce virage, autorisant des interactions fortes entre les individus et l’émergence d’une intelligence collective. Fortement ancrés dans ces changements, les espaces de travail notamment ne peuvent plus faire machine arrière. De plus en plus, la transversalité et le travail en équipe deviennent des valeurs cardinales dans l’entreprise. Les lieux n’ont plus d’autre choix que de s’adapter à cette nouvelle donne. La flexibilité qui sous-tend leur aménagement est un impératif.

Comment la vague collaborative a-t-elle déferlé sur les lieux d’enseignement ?

UR : Le collaboratif ne s’arrête pas à l’espace de travail. Il infuse également les lieux d’enseignement. L’âge d’or des amphis et des gradins est derrière nous. Plus précisément, la vague collaborative s’opère à trois échelles afin de mettre l’étudiant au cœur des apprentissages et de le rendre plus actif. Au niveau des espaces de travail où est repensée la relation enseignant/élève. Au niveau des espaces communs qui, de la cantine aux couloirs en passant par les escaliers, sont repensés pour faire émerger cette intelligence collective. Au niveau enfin de la collaboration avec le monde extérieur et notamment les entreprises et les chercheurs qui n’hésitent plus à se greffer à de vastes campus ouverts sur la ville et le territoire. Cette hybridation est bienvenue dans la mesure où les lieux d’enseignement forment les étudiants à leur future vie en entreprise. Les écoles d’enseignement supérieur ont bien intégré cette dimension. Nous sommes, en la matière, au début de l’histoire. Cette troisième dimension du collaboratif qui mêle l’enseignement et l’économique va faire école. Enfin, l’importance du digital (équipements et installations) et du serviciel (services aux usagers et bâtiments) est à souligner, au même titre que le mobilier qui est repensé pour accompagner cette mutation – même si c’est une erreur de croire que l’aménagement de l’espace se règle uniquement par le mobilier. Devant les enjeux de cette mutation de l’immobilier éducatif, le Groupe Kardham s’est doté d’une équipe spécialisée et dédiée pour accompagner ses clients dans plusieurs projets comme la Maison de la réussite en licence à l’université Toulouse 3, le Campus numérique de Toulouse, l’ESCP Business School, le Campus lycée innovant international numérique normand, l’Université catholique de Lille ou l’université Paris 8.

La disparition de l’espace de travail traditionnel ne serait-elle pas la prochaine étape de la vague collaborative ?

UR : Le collaboratif n’en a pas fini de faire évoluer les espaces de travail. Mais ne nous trompons pas de débat. Il ne s’agit pas de signer l’arrêt pur et simple du bureau ou la fin de l’espace de travail individuel qui restera nécessaire, même en portion congrue. Le sujet doit plutôt se porter sur la manière dont les espaces sont en capacité de répondre aux nouveaux usages et bien sûr rester concentré sur l’être humain. Prendre en compte la diversité des besoins et les attentes individuelles semble toujours aussi essentiel. À l’échelle de Kardham, nous savons que tout ne peut pas se faire en collaboratif.


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