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Ubisoft Montpellier mise sur le confort créatif de ses équipes

L’éditeur français de jeux vidéo installe son deuxième plus important studio français à Castelnau-le-Lez, à côté de Montpellier. L’architecte montpelliérain Philippe Rubio a joué sur le contraste entre une façade mystérieuse et un intérieur très chaleureux, favorisant le bien-être des équipes.

Un monolithe anthracite, tout droit inspiré du film 2001, L’Odyssée de l’espace. À Castelnau-le-Lez, la façade en aluminium thermolaqué du nouveau studio d’Ubisoft intrigue par sa sobriété presque inquiétante et son aspect de forteresse imprenable. « Ubisoft raconte dans ses jeux des histoires assez cabalistiques, avec une dimension historique, détaille Philippe Rubio, architecte qui a remporté le concours en 2015. Nous avons donc choisi comme concept une histoire internationale, pour un groupe mondial. Cet univers créatif a plu au jury. » La trame de la résille pixélisée métallique n’est pas répétitive, scandant un appel à la création et à la narration.

Au-delà de ce clin d’œil, le confort des salariés figurait dans les priorités d’Ubisoft pour son nouveau siège héraultais qui compte 350 salariés, de 15 nationalités différentes, ce qui en fait le deuxième plus gros studio d’Ubisoft à l’échelle nationale, après Paris. « Nous sommes dans une bataille des talents, avec les autres éditeurs de jeux vidéo et avec les Gafa, explique Yves Guillemot, président et cofondateur d’Ubisoft, lors de l’inauguration de nouveaux studios (4 500 m2), en septembre. Aussi, nous tenons à développer nos implantations dans les régions, où la qualité de vie est meilleure qu’à Paris. »

Le toit-terrasse conçu comme une 5e façade

Dans ce bâtiment en R+2, le bien-être des salariés est en effet privilégié, avec une salle de sport, un espace de massage et de sieste, un salon doté d’un baby-foot et d’un piano, un jardin d’hiver peuplé de plantes exotiques, un toit-terrasse de 800 m2 traité comme une 5e façade, avec sa guinguette dédiée à la fois à la détente ou aux réunions au soleil… Autant d’espaces « régénérants, simples, propices au repos et à la méditation, détaille Philippe Rubio. Par exemple, la salle de sieste répond à un confort acoustique, thermique et lumineux. C’est dans l’ADN d’Ubisoft : pas de formalisme, mais de l’efficacité. »

84 km de câbles

Deux grands open spaces, l’un de 500 m2 et l’autre de 300 m2, sont aménagés « pour répondre au brainstorming permanent et au mode agile, qui caractérise Ubisoft », explique l’architecte. La structure poteaux-poutres permet une évolutivité des aménagements. Derrière les caissons acoustiques, de l’eau glacée circule dans les tuyaux au plafond pour apporter un rafraîchissement sans soufflerie. Au centre du bâtiment, un patio méditerranéen de 350 m2 est aménagé. La circulation périphérique peut être raccourcie en empruntant deux coursives aériennes. L’idée est de favoriser les échanges entre salariés. « Des gens travaillant dans un même bâtiment peuvent ne pas se croiser pendant des mois, sans ce type d’aménagement, note Philippe Rubio. Autant le bâtiment est opaque de l’extérieur, autant il est transparent à l’intérieur, ce qui crée son propre équilibre. »

Le nouveau site, qui réunit deux implantations auparavant distinctes, représente un investissement de 12 M€. Doté d’un plancher technique, il compte… 84 km de câbles informatiques.

Ouvert en 1994 en tant que studio graphique par Michel Ancel et Frédéric Houde, Ubisoft Montpellier a créé des références mondialement connues : Beyond Good and Evil, Rayman, Les Lapins Crétins… Cent cinquante recrutements sont prévus d’ici à 2021, sur des postes d’ingénieurs, game designers, artistes, programmeurs ou animateurs. À peine inauguré, le siège cherche déjà à s’étendre sur un terrain mitoyen. Nouveau challenge pour Philippe Rubio ? « Je considère que c’est notre meilleur bâtiment. M’y refrotter à travers l’extension ? J’aimerais bien ! »

© Ubisoft
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