La revue des nouveaux usages
et du pouvoir des lieux.

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Anne-Laure visite… son chez-elle !

Aux dernières nouvelles, nous sommes partis pour un long confinement… Courses, concentration, travail, silence, repas, école, informations, nervosité, promiscuité, distanciation… Après nos premières semaines de pratique, on sait désormais à quoi cela ressemble ! La pièce de vie de notre appartement n’a jamais aussi bien porté son nom. Visite !

Je n’ai pas de chien, pas non plus de soucis particulier et mes placards renferment de quoi nourrir la tribu pour quatre à cinq jours… autant dire que les raisons de cocher les cases sur l’attestation sont peu nombreuses… Je vais donc encore rester à la maison avec mari et enfants et ce, pour une durée indéterminée.

Pour certains, le confinement se vit à la campagne, avec espace et jardin. Évidemment, pour la Francilienne que je suis, le confinement s’annonce moins bucolique. Au compteur, autant de pièces que de résidents dans le foyer et même un balcon qui révèle, à ce moment précis, toute sa valeur. Je ne suis donc pas la plus malheureuse.

Toutefois, un appartement, aussi cosy soit-il n’est pas pensé pour tous les usages. Est-il fait pour stocker les victuailles nécessaires pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? Est-il agencé pour travailler ? Peut-il faire office de cour de récréation ? Dispose-t-il d’une phone box ? Pas forcément.

Alors comme tout le monde, on se débrouille. Effectivement, depuis maintenant deux semaines, notre bien-aimée « pièce de vie » fait office d’open-space, de salon, de salle de sport, mais également de restaurant d’entreprise et d’ateliers d’artistes en herbe… Chaises et autres petites tables changent de place au gré des activités. Et on s’aperçoit au passage que le mobilier n’est pas du tout modulable !

Si le salon comme salle de yoga s’envisage, le même espace comme terrain de foot, ça ne marche pas… du tout ! Certaines règles ont donc été établies. Les écrans sont autorisés dans le salon, les obligations studieuses et professionnelles s’effectuent sur la table de la salle à manger et les activités plus créatives dirons-nous envahissent la cuisine. La palme de la flexibilité fonctionnelle revenant au bureau qui répond avec aisance aux besoins de confidentialité, de calme, de sieste et autre isolement.

 

Chaque mission doit pouvoir être effectuée dans un seul et même endroit. Pas simple. Maîtresse d’école, journaliste, chef cuisinier de 7h à 21 h, aide-ménagère. Un cumul des mandats qui ne choquera, pour le coup, personne. Mais qui  nécessite néanmoins une bonne organisation. C’est à mon poste de commandement – comprendre la cuisine ouverte – que je supervise donc les devoirs du regard, en répondant à un appel de la main gauche et en préparant les repas de la droite.

Le secret ? On range après chaque occupation. Seule la table de la salle à manger fait de la résistance. Chacun dispose également d’un espace à lui pour s’isoler et se recentrer, réelle source de quiétude pour la maisonnée !

Redécouvrir son lieu de vie

Moi qui ai toujours l’impression de ne jamais être chez moi… je suis servie ! Mais si le confinement nous contraint à rester chez nous, on peut aussi y voir une opportunité de se réapproprier son logement. On le nettoie frénétiquement, on le range rigoureusement, on le voit différemment.
A priori, pour me sentir bien, j’ai besoin d’évoluer dans un environnement rangé et ultra-propre. En somme, un esprit sain dans un appartement sain… (on fera le bilan du corps sain à la fin du confinement…). Il paraît que plus c’est rangé, plus ça paraît grand… C’est le moment de gagner des mètres carrés ! Alors je me suis lancée dans un tri digne d’un vide-grenier pour ne garder que l’essentiel, pour avoir l’impression de respirer aussi, peut-être.

Le confinement nous force à prendre soin de cet environnement dans lequel nous devons vivre encore 24/24 pour plusieurs semaines. Chaque recoin prend désormais un intérêt certain. On redonne vie au balcon, on rationalise les placards, on optimise le moindre espace et on fait des projets d’aménagement… pour plus tard.

De nouvelles habitudes s’installent. Je me surprends à prendre mon café à la fenêtre, à regarder ce qui se passe autour de moi et donc autour de chez moi. Mon balcon est petit, même pas fleuri, mais il est en ce moment une véritable respiration.

Au terme de ces deux semaines de confinement, je constate que la famille a trouvé si ce n’est une organisation, un équilibre. Mon appartement est aujourd’hui à l’opposé de ce qu’il est d’habitude… rangé et silencieux. Bizarrement, on écoute moins la musique que d’habitude, on regarde moins la télévision également… On lit davantage.

La famille s’est adaptée à cette vie entre parenthèse, et notre lieu de vie s’est adapté également pour répondre à nos besoins du moment. Si la pièce de vie ressemble à une place du marché pendant la journée, notre appartement multifonctions redevient cocoon à la nuit tombée.

#restezchezvous

 

Crédits : Anne-Laure Alazard