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Un Prix des espoirs de l’architecture inspirée du vivant

Quelles solutions la nature peut-elle inspirer pour concevoir, rénover et occuper des bâtiments peu émissifs en gaz à effet de serre et résilients, lutter contre leur obsolescence, et préserver le confort et le bien-être des usagers tout en restant inclusifs ? Telle est la question à laquelle devaient répondre les étudiants de 4e et 5e année d’école d’architecture française qui ont participé à la 13e édition du Prix des espoirs de l’architecture, concours organisé par BNP Paribas Real Estate.

 

Les projets du concours, ouvert cette année aux étudiants en double cursus architecture et ingénierie, devaient s’inspirer du biomimétisme pour concevoir un projet immobilier. C’est-à-dire imiter le vivant qui a toujours démontré sa capacité à s’adapter. Un thème qui vient à point nommé dans le contexte de profondes mutations environnementales, économiques et sociales que nous connaissons aujourd’hui, renforcé par la crise sanitaire.

 

Parmi les six projets présélectionnés, le jury, composé de membres de la direction générale de BNP Paribas Real Estate, de personnalités de la construction et d’architectes de renom, a désigné lauréates Salma Harrak et Clara Grange, toutes deux étudiantes à l’Ensa Paris Malaquais, pour leur projet « La T(h)ermitière ». Projet qui a reçu également le Prix coup de cœur des internautes. Inspiré des termites boussoles, le bâtiment implanté à Sevran (93) intègre des logements étudiants partagés. Il se présente comme un volume simple creusé d’une faille centrale dont la forme résulte de la coupe et de la vie d’une termitière. L’espace se concentre autour d’un vide central où se situe la vie en communauté. Les appartements partagés sont desservis par des coursives et bénéficient d’une lumière traversante. Avec une approche inclusive, le projet s’ouvre à la ville par ses programmes de rez-de-chaussée. Un café et un supermarché coopératifs peuvent répondre à des pratiques nouvelles tout en tissant des liens entre les habitants.

 

Par ailleurs, deux prix spéciaux ont été décernés cette année. Le premier a été attribué au projet « Polychromie » imaginé par Luka Forrester et Quentin Godiveau, étudiants à l’Ensa Paris Malaquais. Leur concept, inspiré du papillon morpho, vise à tirer parti de la couleur en tant qu’outil bioclimatique et son effet sur les usagers. Inspiré des lames colorées de la tour Agbar de Jean Nouvel à Barcelone et de Métropole, à Rouen, de Jacques Ferrier, le bâtiment regroupe différents types de brise-soleil en verre dichroïque. Les lames de verre de couleur réfléchissante jaune/vert filtrent la lumière aux plus grandes longueurs d’onde et mitigent ainsi les apports caloriques du soleil.

« Polychromie » imaginé par Luka Forrester et Quentin Godiveau, Ensa Paris Malaquais, 1er prix spécial du jury.

 

Le 2e prix spécial a été attribué à Nina Pizzi, étudiante à l’EIVP-Ensa Paris La Villette pour son projet de « réappropriation fertile ». Le concept consiste à offrir de nouveaux usages aux édifices post-industriels afin de favoriser leur réappropriation fertile par les habitants. Basé au sein des entrepôts Ney, dans le 18e arrondissement de Paris, le projet permettrait de rendre cet édifice industriel réappropriable par les Parisiens au travers de programmes mixtes et flexibles plus adaptés aux besoins de demain. Le concept développé est inspiré de la souche d’un arbre mort qui, dans la nature, devient le support d’une nouvelle vie.

« Réappropriation fertile » de Nina Pizzi, EIVP-Ensa Paris La Villette, 2e prix spécial du jury.

 

« Le vivant regorge d’innovations extraordinaires qui peuvent révolutionner la manière dont nous imaginons et concevons les bâtiments. Le sujet du biomimétisme de cette année nous amène à rêver d’une construction de la ville plus durable, qui se veut résiliente, réversible et inclusive afin de répondre de manière concrète aux défis environnementaux », résume Catherine Papillon, directrice du développement durable, RSE de BNP Paribas Real Estate.

 

Visuel à la une : « La T(h)ermitière », projet lauréat de Salma Harrak et Clara Grange, Ensa Paris Malaquais.
Visuels : © DR